"Une femme dans la course", de Gwénola MORIZUR et Marie DUVOISIN, est une bande dessinée qui reprend la structure de l'histoire de Kathrine Switzer, mais ne se contente pas d'un simple copier-coller.
Kathrine Switzer participe au marathon de Boston de 1967, malgré l'interdiction des femmes à courir plus de 800 mètres en compétitions. Les organisateurs essaient de la sortir de force de la course, mais avec le soutient des autres coureurs, Kathrine Switzer fini le marathon. Des photos célèbres ont capturé ce moment iconique de l'histoire du sport. Par son courage, elle a défié tous les stéréotypes misogynes qui imposaient une vision très réductrice des capacités athlétiques des femmes : d'après les organisateurs de l'événement (et d'une majorité masculine des sociétés occidentales de l'époque), elles seraient incapables de faire beaucoup d'efforts physiques et/ou deviennent moins séduisantes en se musclant. Deux clichés infondés qui ont justifié des discriminations dans le monde du sport pendant de très nombreuses années.
Dans le récit "Une femme dans la course", l'histoire se déroule dans la France des années 70 et met en scène une jeune femme, Christine, venant du fin fond de la meuse. Pour elle, courir est synonyme de libérer. Cela lui permet de réfléchir et devenir plus qu'une jeune femme coincée dans la condition qu'on lui impose. Son père n'est pas d'accord avec cette activité, et ne lui fait confiance avec rien, parce qu'elle est une femme. Alors Christine fuit pour participer au marathon de Paris.
Sans partir dans les détails pour laisser aux lecteurs le plaisir de lire ce livre, cette bande dessinée met également en avant des thèmes intéressants comme les relations entre les hommes et les femmes, entre les athlètes, entre femmes, le deuil, l'amitié et des nombreux désavantages auxquels les femmes font face aussi bien dans le sport que dans le simple existence.
Sans se limiter à l'événement de 1967 qui a inspiré cette histoire, le récit encourage le lecteur à s'identifier à Christine et vivre avec elle les défis qu'elle rencontre.
Pour la qualité graphique, on notera un style classique et moderne à la fois avec un choix de couleur qui rappelle le sépia des vieilles photographies.
Cette BD est fortement recommandée !