Avec Arcade Club, Aurélien Ducoudray et Baptise Pagani proposent une synthèse amusante et colorée entre le jeu vidéo d’antan et celui moderne, au bénéfice de personnages qui n’ont pas que leurs pixels pour exister.

Si la série met en toile de fonds l’Arcade Club, intrigant club réunissant les meilleurs joueurs, le mystérieux repaire est encore loin du chemin dans ce premier tome. Pourtant il attise la curiosité de Vicky et de ses amis, le bon copain Roberto et l’arriviste Sam, qui vont participer au Game Festa, le grand concours de jeux vidéo de leur ville.

Si le pitch rappelle celui d’EVO, Une histoire de gamers d’Alain T. Puysségur et Grelin, lui aussi destiné à un public d’adolescents et sorti quelques mois avant, Arcade Club offre quant à lui un regard plus amusé, moins sérieux sur la compétition dans le jeu vidéo. Il ne s’agit pas de reprendre ce qui existe dans la vie, mais d’apposer ensemble les éléments qui sient à leurs auteurs.

Une approche du jeu vidéo compétitive mais loin des grandes fêtes dans des salles fermées surchargées par des milliers de câbles électroniques, mais des rassemblements festifs, où les bornes d’arcade, le jeu sur ordinateur et les expériences interactives sont bien présents, et où chacun peut être le meilleur dans plusieurs disciplines, là où l’esport est très compartimenté.

Arcade Club offre d’ailleurs une vision du jeu vidéo bienveillante, qui rassemble notamment avec Bilel, le dernier arrivé dans leur équipe et qui parle mal le français ou avec Bonnie la petite sœur et ses jeux adaptés à son âge. Un premier tome qui n’exprime pas que la compétition est une fin en soi, mais qui rappelle que le jeu vidéo est un loisir, une passion, sous de nombreuses formes. Il ne s’agit pas de glorifier la rivalité et l’affrontement, qui font partie de la moelle de nombreux jeux vidéo, mais de souligner ce que le média peut offrir, et il a en sous le stick.

Des valeurs qui circulent au sein des différents personnages, dont Vicky est le point central. Une jeune fille qui a le jeu dans la peau et le coeur sur la main, malgré une légère timidité qu’elle devra dépasser à plusieurs moments. Si Roberto n’est pas encore suffisamment développé, sa trajectoire ira se confronter à celle de Vicky, tandis que les caractères de Bilel ou Bonnie offrent de véritables bouchées de fraîcheur.

Baptise Pagani, à la jeune carrière mais déjà remarquée, s’est fait connaître ces dernières années avec les très pop The Golden Path et Les lames d’Ashura chez Ankama. Pour Arcade Club il arrondit son trait, moins granuleux mais tout aussi fébrile, et offre à ses personnages une esthétique naïve et enjouée entre le dessin animé et l’animé. A l’oeuvre et à l’aise sur les couleurs, il offre une palette chromatique bigarrée mais pas agressive, proche du pastel. Un positionnement plus à gauche de l’échelle d’âge des publics, mais qui reste accrocheur, malgré des compositions parfois trop chargées.

Et même si l’oeuvre se destine en premier lieu à un public adolescent, l’un de ses principaux mérites est aussi de rassembler les plus vieux autour du livre. Sa fantaisie sur le jeu vidéo compétitif entre modernité et héritage en est déjà un exemple, mais Arcade Club regorge de petites allusions aux vieux jeux vidéo, aux vieilles machines ou à certaines légendes, sans jamais verser dans la référence appuyée lourdingue, mais la révérence qu’on devine amusée et nostalgique. Sans commentaires, sans sur-textes, ces clins d’oeil se glissent dans le récit et ne se révèlent que pour ceux qui sauront les voir, sans que cela ne gêne la lecture.

Convoquant donc un imaginaire retro dans une histoire moderne, Arcade Club n’est ainsi pas que l’histoire classique mais amusante de ses personnages. Aurélien Ducoudray et Baptise Pagani s’offrent ainsi une reinterprétation des possibilités du jeu vidéo, mais sans sacrifier un certain nombre de valeurs positives mais pas étouffantes qui offrent à la quête de Vicky, Roberto, Sam et Bilel une évidente sympathie. Une réconfortante réussite dont il faudra s’assurer que l’élan est bien conservé dans le tome 2.

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le 20 août 2026

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SimplySmackkk

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