Cela fait pas mal d'années que je veux lire Hellblazer et découvrir le personnage de John Constantine, cet anti-héros détective de l'occulte, et je me lance donc dans le run de Warren Ellis couvrant une dizaine de numéros parus entre 1999 et 2000.
C'est glauque, sordide, mais étrangement très prenant. le côté fantastique-magique reste assez léger et on se plonge surtout dans un univers très noir, très urbain, une Angleterre poisseuse où sévissent les pires monstres…
Ellis fait le choix d'un Constantine très terre-à-terre, plus proche du polar que du comics fantastique pur. La magie est là, mais en arrière-plan, elle est sale, dangereuse, souvent source de problèmes plus que de solutions. Ce qui frappe surtout, c'est l'ambiance : rues crades, bars miteux, misère sociale, violence gratuite. Constantine n'est pas un héros charismatique ou flamboyant, c'est un type fatigué, cynique, rongé par la culpabilité et ses échecs passés mais toujours lucide sur la noirceur du monde qui l'entoure.
La plus grosse partie du run tourne autour de l'enquête de Constantine pour retrouver le tueur de l'une de ses ex-copines, un meurtre particulièrement sordide. Ellis étire cette enquête, la rend oppressante, presque étouffante. On sent Constantine s'enfoncer dans quelque chose qui le dépasse, pas parce qu'il affronte un grand démon, mais parce qu'il se confronte à une violence humaine profondément dérangeante.
Si vous aimez les polars sombres, les anti-héros dépressifs, le tout légèrement teinté de fantastique, ce tome est excellent dans son genre.