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le 29 juin 2012
SuivreNot any Moore
Cette fois, c'est la dernière, j'en peux plus moi, votre dégénéré barbu végétarien que vous idolâtrez comme c'est pas permis, je vous le laisse, étouffez-vous avec si vous voulez, mais arrêtez une...
Moi aussi j'ai la chanson de Eiffel 65 en tête, qu'est-ce que vous croyez. Mais on n'est pas là pour ça, fieffés mélomanes que vous êtes.
Comme pas mal de gens, j'ai découvert l'univers Watchmen par son adaptation cinématographique. Le trailer m'avait subjugué à l'époque : la musique de Philip Glass, l'explosion de Billy Crudup et le masque de Rorschach m'avaient vraiment intrigué. Je n'ai pu voir le film qu'à sa sortie en DVD l'année suivante, et j'avais adoré. Ces super-héros qui n'ont (presque) rien d'héroïque, cette ambiance sombre et sale, ce mec bleu qui pète la classe... Je m'étais donc dit qu'il fallait que je lise l’œuvre initiale.
Bon, j'aime chipoter sur les détails. Le dessin est, je trouve, un poil vieillot. Mais quand on lit Knightfall, on se dit que finalement, c'est pas si moche. Les couleurs, bien que légèrement criardes, mettent bien en valeur la scène et son déroulé (sauf le passage sur Mars que j'ai trouvé très... rose). C'est tout pour les mauvais points, en fait.
Parce que Watchmen, c'est un incontournable absolu. L'ayant acheté et lu il y a déjà quelques années, je pense que c'est une œuvre avant-gardiste. Dans son uchronie, le grand Alan Moore nous montre qu'au-delà de la fresque anti-héroïque proposée, le monde du roman graphique et le nôtre ne sont pas si différents. Mis à part une victoire des USA face au Vietnam, un Nixon au sommet et une loi anti héros masqués (qui là relève de la fiction, obvious), le récit se voit affublé d'une épée de Damoclès lourde de symbolique : l'Horloge de l'Apocalypse. Késséssa ? Pendant la Guerre Froide (qui a lieu dans le récit), une horloge dont l'aiguille était sur minuit moins cinq servait de quantificateur de menace pour le monde, minuit étant la guerre mondiale et donc la fin du monde.
Dans Watchmen, cette aiguille est partout : sur le Comédien, qui voit la vie comme une blague, entre les chapitres... Bref, une histoire de héros pas héroïques sur fond d'Apocalypse imminente, cool non ?
Pour ce qui est des protagonistes, nous avons : les vieux justiciers décrépis, le cinglé avec un masque super cool, le richissime génie un peu étrange, les deux "normaux mais tristes de la simplicité de leur vie", et le dieu-vivant. Leurs profils sont très variés, chacun est bien écrit et possède un chapitre centré sur lui. Même le Dr Manhattan (il est bleu, d'où le titre, encore désolé), souvent perçu comme le personnages cheaté par excellence, est en fait très amer : la puissance d'un dieu, canalisée par l'amour envers une seule femme. Tous ont, à un moment donné, une réflexion sur leur vie, leur identité, leurs devoirs, et leur humanité. Au-delà du "un grand pouvoir implique de grandes responsabilités", Alan Moore nous offre un "exister sur Terre implique de se demander pourquoi", et ça a de la gueule. Qu'est-ce qu'un sacrifice ? Que sont le bien et le mal ? Watchmen fait réfléchir.
Bref, un roman graphique que je ne peux que conseiller. Parce que Alan Moore, parce que Eiffel 65, et parce que la fin du monde qui, au final, n'est pas forcément inenvisageable dans la réalité (party hard).
Créée
le 2 août 2018
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