Sonya sort de 5 ans de taule après avoir tué en légitime défense 3 macs du parrain rital du coin. Elle échappe à plusieurs tentatives d'assassinat, essaie de se reconvertir en détrousseuse de boutiques de Madison Avenue, fuit avec un jeunot, qui se fait dessouder par un patron de nightclub de Little Odessa. Rattrapée et exploitée par le parrain, elle finit par lui faire la peau, mais tout se finit par un retour à la case départ.
Je n'aime pas qu'on utilise l'adjectif "haletant" à tort et à travers pour un récit, mais ici il convient parfaitement. Pas de temps mort pour Sonya, qui court d'un problème à un autre. Sa sortie de prison ne lui laissai guère de chance de se réinsérer. Le trait de Loustal atteint ici une grande maturité, avec une pointe d'abstraction qui rappellera certains peintres surréalistes (je ne sais pas lesquels), tout en servant bien la trame très "hard-boiled".
Un personnage féminin fort et désabusé : c'est probablement la plus grande originalité de cette BD nerveuse et élégante.