Il y a quatre ans sortait Tucker & Dale fightent le mal, bobine hilarante prenant les codes du genre et les inversant. Les bouseux n’étaient pas des maniaques comme on aurait pu le penser de prime abord, simplement deux amis un peu gauches et simples, face à une horde de teens persuadés du contraire et bien décidés à les expédier ad patres.
Ici la formule est plus ou moins similaire tout en étant très différente. Notre duo de frangins qui tiennent une boite d’engrais ont un ingrédient magique, on vous laisse deviner lequel. L’un d’entre-eux, le plus jeune, va craquer pour la jolie rouquine de la dernière fournée (qui ne le ferait pas ?!) et va se retrouver face à deux choix, faire son job et enfin avoir l’approbation de son frère ou sauver la belle et ses camarades. Un choix cornélien pour ce brave gars un peu pleutre et pas très fourni au niveau du cortex.
On retrouve donc comme dans Tucker & Dale ce changement de situation, une idylle improbable et évidemment une casque de fous rires tant les situations rocambolesques s’enchainent. On ne vous parlera même pas du bordel entre les captifs lorsque le petit ami de la rouquine apprendra qu’elle est monogamement inadaptée, compliquant une évasion où tout le monde cherche à s’entretuer ! On ne vous parlera pas non plus du seul membre du groupe qui réussit à s’évader mais fait une pause pour prendre le thé avec peluches et nains de jardin, chose qui arrive fréquemment lorsqu’on prend un acide avant de partir en balade.100-bloody-acres-film-2012-CaptivesL’humour y est omniprésent mais se montre un poil moins accessible que Tucker & Dale, se rapprochant beaucoup de l’humour anglais, plein de sarcasmes et d’un corrosif insolent. Le gore n’est évidemment pas oublié et les quelques passages de broyages de corps humains vous en donnera pour votre argent, et les fans de Wolf Creek seront contents de savoir que John Jarratt, le tueur de celui-ci, y fait une apparition dans la peau d’un flic (passage très drôle, mais dont l’on ressort en se demandant dans la peau de quel personnage on aurait aimé le voir ici, celle du flic ou celle de Mick Taylor le tueur sanguinaire ?).
Le point le plus fort de 100 Bloody Acres reste son rythme, car si Tucker & Dale avait tendance à faire du sur place durant son dernier tiers, la bobine australienne choisit quant à elle de monter crescendo plutôt que de dévoiler ses cartes d’un seul coup. La dernière partie est une hécatombe de rires, vaudevilienne au possible, entre le grand frère faisant un cunnilingus à une septuagénaire, l’acid-boy manchot courant après un chien qui lui a piqué sa main et enfin un pauvre gonze qui ne sait plus où donner de la tête pour dénouer ce sac de noeuds, devant à la fois piquer les clés à son frangin et faire fermer sa gueule à ce crétin de junkie. Et histoire d’avoir un dernier fou rire, une scène post-générique a été placée là et fera mouche à coup sûr !
100 Bloody Acres est la nouvelle référence comico-gore, jouant sur deux tableaux où les deux frangins Cameron Cairnes et Colin Cairnes excellent, malgré un budget anorexique. Fous rires, gloussements et ricanements vous attendent, que vous assistiez à une scène où le comique est dans les dialogues aussi bien qu’à un autre où un type est mis dans une broyeuse. Hautement recommandé, ça va sans dire !
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