Amateur d’univers peu communs et de récits étonnants, vous pourriez être servis avec « 100 Nights of Hero ». Dès le début, il est clair qu’on va assister à quelque chose d’inédit voire hors de toute modes si ce n’est son fond profondément féministe. Avec ses trois lunes dans le ciel et son château gothique planté à une époque indéterminée, ce drôle de long-métrage interpelle. Le récit débute de manière assez enlevée en nous plongeant dans un univers de conte avec ses propres règles et lois qui alternent le merveilleux et les coutumes d’antan. Entre la confrérie des oiseaux qui régit ce microcosme, un patriarcat bien ancré et des intrigues de palais, le décor est aussi saugrenu que réjouissant et les costumes et décors enchantant même si on sent le budget (très) limité. Puis, plus le film avance et plus on saisit d’où vient l’inspiration du scénario. Certes, la cinéaste Julia Jackman a adapté un roman pour son premier film mais celui-ci était lui-même très fortement tiré de l’illustre recueil de contes « Les Mille et Une Nuits ». Au fur et à mesure de l’histoire, certains auront donc des réminiscences de leur jeunesse. Notamment lorsque le personnage d’Emma Corrin raconte une histoire dont les lecteurs de l’ouvrage se souviendront, elle-même mise en scène par intermittences dans le film.
Mais, de la même manière, plus « 100 Nights of Hero » progresse plus on se désintéresse de cette histoire aux relents féministes vus et revus. Surtout que dans le cadre de cette intrigue proche du conte de fées, les moments trop niais pullulent et ne plairont pas à tout le monde. Et il faut dire qu’une fois l’émerveillement des premières séquences passé, notre intérêt décline de manière exponentielle. Le récit devient redondant et on se rend compte que tout cela ne casse pas trois pattes à un canard. Et puis, il faut bien avouer que les acteurs ne livrent pas leur meilleure performance. Maika Monroe se montre bien plus pertinente au sein des films de genre que dans le sentimental et sa prestation de femme soumise est assez fade. Nicholas Galitzine joue ce qu’il a déjà joué en mieux : le beau gosse charmeur. Enfin, Emma Corrin n’a pas grand-chose à offrir. Les séquences mettant en scène le conte raconté ralentissent le rythme et sont peu réussies et on attend finalement le dénouement avec impatience. Il y a une belle morale sur la liberté féminine et le pouvoir de ls histoires mais cela ne permet pas à ce petit film certes étonnant de nous convaincre. Bref, une belle promesse pas vraiment tenue.
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