En chinois, «11 Fleurs» s'appelle «J'ai 11 ans»: une façon de dire d'emblée qu'il s'agit d'un film sur l'enfance, inspiré des souvenirs personnels du réalisateur Wang Xiaoshuai. Nous sommes en 1975, dans une petite ville de la province chinoise de Ghizou: un jeune garçon assiste sans y comprendre grand-chose, aux derniers soubresauts de la révolution culturelle. Sa rencontre dramatique avec un meurtrier en fuite va bouleverser sa vie en le confrontant au monde des adultes. Réalisé par un cinéaste expérimenté, «11 Fleurs» allie réalisme et poésie pour développer avec simplicité plusieurs pistes narratives, en filigrane d'un classique récit initiatique: la description, distancée mais aisément compréhensible, de violentes luttes idéologiques entre Gardes rouges et «réactionnaires», la dureté de la vie quotidienne, mais aussi la belle relation entre le garçon et son père, qui l'initie à la peinture et à l'art des impressionnistes.
critique écrite à la sortie du film