Kelvin Tong est un cinéaste totalement méconnu par chez nous et c'est grâce à une sortie Blu-Ray/DVD peu chère que j'ai décidé de découvrir 1942, qui semblait toucher à différents genres comme le film de guerre ou d'horreur.
Il faut reconnaître que le film possède de convaincants atouts. Premièrement, il y a la formidable photographie du film et des décors qui le sont tout autant. Le thème musical est bien réussi aussi. Le cinéaste parvient parfaitement à nous plonger dans la jungle malaisienne au point que l'on se sente perdu comme les soldats. A noter que par moment, avec les décors et le silence, on se croirait dans La ligne rouge de Terrence Malick. Il y a aussi cette envie de vouloir quelque peu dépoussiérer le genre du film d'horreur japonais, en utilisant des aspects parfois drôles, décalés ou des personnages n'hésitant pas à exagérer dans les traits. L'initiative est louable.
Toutefois, à force de mêler différents genres, le cinéaste perd quelque peu le contrôle du film et le spectateur se sent totalement perdu par moments. Les cinq ou six premières minutes sont affreuses en terme de mise en scène et de montage, le tout étant d'une lourdeur incroyable rappelant Le projet Blair Witch. La suite s'améliorera nettement, notamment grâce à une utilisation assez intelligente de la caméra 8mm des soldats.
Il reste la question du twist final, résumant assez bien le film, car il perd une fois encore les spectateurs. Il est certes tellement surprenant qu'on se demande comment le cinéaste a fini par le construire. Alors, plusieurs possibilités s'offrent à nous et je pense qu'une sera nettement plus plausible que les autres.
Kelvin Tong part avec des intentions qui sont bonnes mais en pratique, ça manque pas mal de mordant et de maîtrise que pour convaincre totalement le spectateur. Un souvenir mitigé donc.