Pour rappel, 1981 traitait majoritairement de l’aspect excessivement egocentrique de Ricardo Trogi. Sa volonté de ne penser qu’a lui, au travers ses besoins de nouveaux jouets ou le vol de la bille était la une réaction compréhensible d’un garçon de 11 ans.
Au terme de celui-ci, a travers les disputes avec ses parents mais aussi le dénouement final, celui comprenait l’importance de ne pas penser qu’a lui.
6 ans plus tard, tout a été oublié.
Car Rigardo est dans ce film, de nouveau, un egocentrique imbuvable / un gros connard.
Non content de ne rien faire, de se faire virer du seul travail que son père lui propose (tout en risquant sans doute celui de son père au passage), il se trouve être excessivement manipulateur avec sa copine, dénonce des amis innocents a la police et se permet même de voler et de conduire en état d’ivresse a 17 ans (tout en faisant un délit de fuite).
Et pour finir ce beau tableau, il insulte copieusement son père (sans se prendre de baffes dans la gueule, ce qui pour l’époque aurait été bien commun) et se permet lors de la scène finale d’échapper tranquillement aux punitions de ses parents pour aller faire l’amour a la copine qu’il a manipulé.
Rigardo pouvait être égoïste à 11 ans, car chaque enfant l’est dans une période de sa vie. Notre ressenti restait positif puisqu’il évoluait au sein du film et finissait par apprendre la leçon.
Le Rigardo de 17 ans inspire le mépris et la colère. Incapable de comprendre l’égocentricité qui le caractérise, il n’est jamais puni par le film et au contraire semble récompensé de son comportement.
Ce qui en dit long sur Rigardo Trogi, le réalisateur de cette autobiographie, qui glorifie son adolescence et n’en comprends pas les problématiques. Incapable de se condamner lui-même, il préfèrera sans doute mettre ça sur le compte de la jeunesse.
Mais si au travers de son personnage, il défend la volonté pour les jeunes de 17 ans d’être pris plus au sérieux, il se tire une monumental balle dans le pied en montrant a quel point ceux-ci peuvent être immature.
1987 est un film dangereux. Glorifiant les egocentriques irresponsables et caricaturant chaque femme dépeinte, il montre un tableau bien sombre des années 80 que personne ne veut revoir. Si c’est que l’on peut voir au travers des yeux de ce réalisateur, il est inquiétant de savoir ce qu'il se passe dans sa tête.