Même si 1:54 est un film parfois maladroit, il a le mérite de garder sa ligne directrice sur la durée et de proposer une thématique relativement importante au vu de l'époque à laquelle nous vivons. Bien plus qu'un film de sport, il s'agit avant tout d'une dénonciation du harcèlement scolaire, et on peut d'ailleurs féliciter le réalisateur de ne pas avoir voulu trop tomber dans le pathos à grand renfort de mise en scène mielleuse saupoudrée de musiques bien kitsch comme on aurait pu le craindre.
Au contraire, Yann England se montre relativement sobre et réaliste dans son traitement, et en ce sens le film fonctionne plutôt bien. Il s'est entouré d'un très bon casting relativement crédible (Antoine Olivier Pilon n'est pas aussi bluffant que dans Mommy mais il assure tout de même une solide interprétation) et nous propose un développement scénaristique qui, bien que convenu, arrive à accrocher le spectateur pour la totalité du film.
Seulement, même si le film se révèle assez important pour un jeune public, il manque selon moi un véritable "style" cinématographique, dans le sens où la mise en scène ne surprend jamais et le développement psychologique des personnages (mis à part celui d'Antoine Olivier Pillon) ne se fait jamais vraiment ressentir.
Ce qui m'a le plus dérangé tout le long du visionnage, c'est que j'avais parfois plus l'impression de regarder un spot publicitaire contre le harcèlement qu'une véritable oeuvre cinématographique.
Je conseille donc ce film car il est important pour le jeune public mais je pense qu'il aura du mal à satisfaire pleinement un public plus mâture.