La récente redécouverte de The Day After Tomorrow m’ayant pas mal plu, je me suis donné dans l’idée que, peut-être, le cinéma de Roland Emmerich fut un jour tout à fait convenable dans son registre des grands films catastrophes où le spectacle doit primer sur tout recul réflexif. J’ai donc voulu retenter 2012, oublié depuis sa sortie.
Je regrette. Car si je peux passer outre les clichés du genre catastrophe, généralement bien con-con, avec en primeur ce mariage raté, cette famille décomposée, qui vont se reconstituer dans la catastrophe, tout en envoyant chier le personnage du beau-père (qui a pourtant sauvé toute la smala à de multiples de reprises mais à qui l’on fait un beau doigt d’honneur en fin de métrage).
Je peux fermer les yeux sur le trope habituel du : “nos protagonistes ont survécu, donc on a le droit à un happy ending, qu’importe que 90% de la population se soit éteinte et que le futur s’annonce terrible”. Ca fait partie du deal sur ce genre de films.
Je peux même passer outre cette figure présidentielle paternaliste (y’a même sa fille qui suit son modèle pour être parfaite) qui se sacrifie dans un élan purement altruiste envers ses compatriotes. Ça fait même doucement rire quand on voit la gueule de nos dirigeants actuels.
Mais quand tout cela n’est pas occulté par le spectacle, ça devient problématique. Car la destruction massive annoncée est effectivement là, mais sans jamais le moindre panache, dans une bouillie numérique pas fameuse, et à une échelle de plan qui ôte le facteur humain de chaque anéantissement citadin. On déconséquentialise ainsi la mort de dizaines de millions de personnes lors des premières catas, puis de celles des milliards dans les heures qui suivent, les victimes n’étant jamais que de petits pixels noyés dans un fatras qui bave. Difficile alors de ressentir le frisson d’une mort imminente et totale.
Un film catastrophe dénué de spectacle, d’appréhension, d’empathie, et qui ne laisse plus apparaître que ses défauts de gros blockbuster décérébré, ça fait tâche. Et puis 2h30 quoi...
2012 semble clairement poser un jalon dans la carrière du plus ricain des germains, comme le film qui atteint l’apogée de la destruction dans un impossible retour en arrière de cette machine de la démesure croissante (la prochaine étape sur cette échelle étant Moonfall que je n’avais pas eu le courage de finir à l’époque). Leçon comprise, si je dois revisiter du Emmerich, ça sera en remontant plus amont dans le fil de sa carrière, vers des Independence Day ou des Stargate.