2046
7.3
2046

Film de Wong Kar-Wai (2004)

Vite dégouté par ce film qui se voudrait aussi élégant qu'il est surfait, et sombre dans une sorte de maniérisme contemplatif stérile : ses excès d'un nombrilisme certes assumé - joli parfois, long surtout - n'ont pas réussi à m'arracher à l'impression désagréable d'être plongé, avec une fascination presque publicitaire c'est à dire quasi-nulle, dans ce que pourrait être une pub Chanel diluée en longueur, étalant sans cesse dans une orgie d'effets et de raffinement son message précieusement narcissique et creux. L'étiquette trop collante de la marque LG, malvenue et omniprésente, aura peut-être achevé de me conforter dans cette nauséeuse sensation de réclame trop racoleuse...

Car là où In The Mood for Love alliait esthétisme et profondeur, 2046 ne m'a laissé, à regret, qu'une impression de beau défilé de mode à tendance "porno-chic qui se regarde et qui pose" (je vais me faire huer...) où de petites résidentes d'un hôtel aussi belles que pauvres, cendrillons modernes pourrait-on lire (tant la marée unanime qui accompagne cette œuvre ne tarit pas de baveuses éloges...), attendent le prince charmant - qui, moderne lui aussi, est un chaud lapin à moustache. Cette virulence serait-elle un peu malhonnête? Peut-être, sûrement même... La beauté visuelle, le thème, à la fois romantique et nocturne, urbain, donne vraiment de très beaux passages ; Wong Kar Wai filme l'intérieur, surtout, avec une subtilité étonnante. Mais cela ne suffit pas pour faire un bon film et ma malhonnêteté est à l'image de la suffisance qu'il m'inspire et de la réputation qu'on en fait : ce flot d'éloges est-il vraiment à la hauteur de cette œuvre?

Pour y être entré sans à prioris et plein de bonne volonté (les deux thèmes du film me sont chers), je n'ai trouvé que de la déception et de la platitude mêlée d'enrobage joli peut-être, surfait surtout. Les bonnes idées dans le découpage de la trame temporelle, même s'il est un brin trop brouillon parfois, ne semblent servir l'histoire que de manière secondaire, comme un prétexte. La belle image, toute simple, que l'on trouvait déjà dans In The Mood for Love (le thème du secret) est ici exploitée à fond, malmenée, usée jusqu'à la trame sans grande réussite. Enfin quant au côté SF un peu romantico-niais de l'histoire inventée par notre écrivain volage, cela aurait pu donner quelque chose... Mais ses "androïdes à émotions différées" servent une fois de plus de prétexte pour filmer de belles pleureuses endimanchées avec des kits-mains libres.
Zaul
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le 14 août 2011

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