Murali K. Thalluri, le jeune réalisateur de "2h37", le dit lui-même : il n'avait jamais fait de films avant celui-là, n'y connaissait rien au Cinéma et avait simplement lu de nombreux ouvrages théoriques sur le sujet. Et vous savez quoi : ça se voit.
Le point de départ du film, c'est cet ado retrouvé mort dans les toilettes d'un lycée. Un suicide. Mais qui, parmi les 6 personnages du film, a bien pu en arrivé là : le geek handicapé, la blonde boulimique, l'homosexuel drogué, le footballeur refoulé, le mec bien sous tout rapport, ou la déprimée de service ? Quel suspens, et quel beau casting surtout : tout en nuances, un peu comme la mise en scène.
On cherche à nous émouvoir à tout prix, mais la sauce ne prend pas tant les personnages sont stéréotypés, déprimés et déprimants. Non, on n'exprime pas mieux le malaise de l'adolescence avec une succession de longs plans montés au ralenti accompagnés d'une musique lancinante et entrecoupés d'interviews faussement documentaires. Surtout quand le jeu des acteurs et les dialogues sont aussi fins.
Je vous passe le fait que le film n'a aucun rythme, ou alors un rythme chiant, c'est au choix. Et que dire de cette séquence de fin où l'on découvre enfin qui s'est suicidé (oh my god ! je l'avais pas vu venir depuis 1h30 celle-là) ou rien ne nous est épargné, surtout pas la morale de l'histoire que le réalisateur a cru bon d'expliciter longuement pour que même le spectateur adolescent, forcément mal dans sa peau et un peu con sur les bords, capte le message.
Bref, à la fin du film on est content que "2h37" ne dure finalement que "1h33", et c'est déjà bien assez long comme ça.