Les choristes rencontrent John Ford... en Chine

Avis sur 37

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37 raconte l'histoire de Shang Yu (Charlie Yeung), une ambitieuse « working woman », femme d'affaires, de Hong Kong qui est envoyée en mission au fin fond de la Mongolie Intérieure, dans la région chinoise d'Hulunbuir. Accompagnée de sa fille Milie (Lin Miao Ke, célèbre pour avoir chanté l'hymne Chinois (en playback) lors de l'ouverture des Jeux Olympiques de Beijing), elle doit s'adapter avec les conditions de vie locales, loin du confort de la mégalopole. Peu à peu, mère et fille découvrent dans ce nouvel environnement un autre sens à donner à leur vie.

Ce sont des chants d'enfants mongoles qui ont inspirés Dennis Chan le concept de 37 (le titre fait référence au nombre d'enfants composant le chœur principal), une histoire de retour au source et de redécouverte des valeurs humaines essentielles. Rien de foncièrement original mais ce que le film perd en surprise, il le gagne en sincérité et en émotion. 37 est en effet une œuvre poignante où Chan met en exergue les valeurs de solidarité et d'amour. Son traitement fait preuve d'une belle pudeur. Il vise au cœur de ses personnages, prend soin de capter leurs émotions les plus profondes et refuse de se laisser prendre au piège de la mièvrerie ou du misérabilisme. Difficile de ne pas être touché par les scènes où les locaux partagent avec ces deux étrangers leur culture et leur peu de biens, toujours mus par une étonnante sincérité. Totalement inspiré par son scénario, Chan adopte une réalisation à la fois ample et resserré. Ample, quand il met en valeur les superbes paysages du nord-est de la Chine ou quand il rend hommage à ses maîtres de cinéma (voir la sympathique référence à John Ford). Resserré quand il se concentre sur les sentiments de ses personnages. Pas de montage épileptique ou de figure de style inutile, Chan croit en son histoire et vise l'efficacité sans fioriture de nature à distraire de l'essentiel : L'émotion.

La démarche passionnée du projet semble avoir contaminé l'ensemble des intervenants impliqués dans 37. De Charlie Yeung au directeur photo en passant par le compositeur (très belles compositions autour des chœurs mongols), tous livrent un travail de grande qualité. Pas de doute, avec 37, Dennis Chan a signé son chef d'œuvre ! Et sa démarche passionnée, pas si courante dans l'industrie cinématographique, incite à attendre avec impatience ses prochains travaux dans ce contexte de co-production qui lui réussit si bien.

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