45 ANS (13,8) (Andrew Haigh, GB, 2016, 95min)
Un mélodrame subtil évoquant un couple de septuagénaire s'apprêtant à célébrer leur 45 ans de mariage avant l'arrivée d'une lettre venant perturber cet événement. Andrew Haigh de façon naturaliste, à la lumière naturelle, ausculte la lente décomposition de la solidité d'un couple à partir d'un souvenir exhumé qui refait surface. La mise en scène réfléchie nous montre un mari qui sort de sa torpeur, revigoré par le souvenir de son premier amour, dont il part à sa recherche (par le biais de la musique, des livres etc) comme un souvenir embelli et jamais vraiment enfoui. Cela tranche singulièrement avec la jalousie et le doute qui vient s'immiscer dans la tête de sa femme qui jour après jour (le film est chapitré des 7 derniers jours) va vaciller jusqu'à s'effondrer. Le réalisateur propose un réalisme romantique se reposant essentiellement sur les nuances, les non-dits, des gestes, peu de dialogue pour décrire les maux, scrutant le moindre regard absent, les attitudes évocatrices pour décrire ce drame sans cri, ce qui peut dès fois entraîner certaines longueurs, répétitions et de la pesanteur dans certaines répliques. La bonne idée de récit tout en retenue est de parler du passé sans jamais de flash back, sans pathos, avec des interprètes absolument délicieux, se livrant sans fard; Charlotte Rampling est bouleversante (scène finale déchirante) et Tom Courtenay d'une justesse formidable. Venez découvrir si tous les mystères de l'autre doivent être partagés malgré "45ans" ! Intimiste, amer, fragile et cruel.