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Film de Julio Medem (2025)

Cela fait combien de temps que Julio Medem, si prometteur en ses débuts, nous doit à nouveau un bon film ? Depuis Les amants du cercle polaire, peut-être, qui date quand même de la fin du siècle dernier. D'ailleurs, 8 y fait penser, un peu, dans ses aspects romanesque, romantique et mélodramatique. Mais ici, c'est l'histoire de l'Espagne qui sert de base et de contexte, de 1931 à 2021, pas moins. Et des deux Espagnes, avec le marqueur indélébile de la guerre civile, près d'un siècle plus tard. L'idée qu'une histoire d'amour puisse transcender tous les clivages idéologiques est belle et un tantinet naïve, source d'émotion, aussi, que l'on croit ou non à la réconciliation nationale, une fois les cicatrices adoucies. Quoi qu'il en soit, Medem fait de son mieux, multiplie les hasards et coïncidences et se rapproche d'un Lelouch, ce qui n'est pas forcément une honte, mais pas non plus un compliment. Scandé en huit moments, au fil de deux vies connectées, le film pourrait sembler ridicule par sa candeur trop voyante, mais le cinéaste a quand même un vrai savoir-faire et ses interprètes ne manquent pas de sincérité. Ce n'est pas la grande œuvre qui remettrait Medem dans le peloton de tête des réalisateurs espagnols, mais une méritoire tentative de soigner les maux du passé, avec une grandeur d'âme œcuménique.

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