Deux minutes de film, et l'héroïne y passe. Pas le temps de se poser des questions sur le tueur potentiel (le type joue avec la subtilité d'un éléphant de toute manière), paf, au lit, étranglée.
À partir de là, la vraie histoire commence : son âme, témoin de son propre meurtre, doit trouver au sein des limbes entre la vie et la mort, au cœur de son purgatoire personnel, un hypothétique moyen de survivre, alors que le sablier se vide, égrainant les dernières secondes désespérées de sa jeune existence.
L'idée est forte, sombre, potentiellement glaçante et perverse.
Malheureusement, il manque des acteurs professionnels, une réalisatrice un peu plus inspirée, un preneur de son qui ait un peu roulé sa bosse, et une scénariste qui sache écrire des dialogues avec un peu plus de subtilité.
Bon, il manque à peu près tout en fait.
On a le sentiment de voir un film de fin d'étude joué par des étudiants et leur professeur de théâtre qui enseigne car il n'a jamais percé.
Dans le rôle du méchant, Gregory B. Waldis joue comme un cochon.
Dans celui de la fragile héroïne, on serait tenté de penser la même chose de Maja-Celiné Probst, mais elle a de si beaux yeux qu'on lui pardonne tout. Et puis non, d'une part cette remarque est sans doute fort inappropriée au vu du propos du film, et d'autre part, si l'actrice est mauvaise, c'est qu'elle a l'air de se demander ce qu'elle fait là, alors que Waldis, lui, est carrément en roue libre.
Dans les deux cas, il y a un problème de direction d'acteur. Au point que ça en devient parfois embarrassant.
Reste que l'on voit derrière tous ces ratages le gros potentiel de l'histoire, qui pourrait faire un superbe roman fantastique, ou un excellent remake avec des pros aux postes clefs.