Comme sur des roulettes.

Avis sur 90's

Avatar Thibaut Garioud
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Comédien potache aux excès brillants dans « SuperGrave », « 21 Jump Street » ou « Le Loup de Wall Street », Jonah Hill passe pour la première fois derrière la caméra avec « 90’s », un film intimiste au cœur du Los Angeles des années 90.

On y découvre l’enthousiasme débordant de Stevie (Sunny Suljic) à côtoyer un milieu différent de celui dont il était destiné. Recueilli par une bande de skateurs tous plus âgés que lui, il s’évade d’un quotidien compliqué par des relations difficiles avec sa mère et son grand-frère, ex-modèle rapidement ringardisé par ses nouveaux amis. En un été, Stevie va vivre les apprentissages difficiles du skate et de la vie à cent à l’heure.

Pour son premier essai, Jonah Hill fait le choix d’une approche minimaliste et authentique en tout point. Esthétiquement, le choix d’une pellicule 16mm offre un cadre étriqué qui sied parfaitement à l’univers du skate et à la période abordée en général. En termes d’écriture, sa grande réussite est de désenfler l’émerveillement touchant mais si subjectif de ce jeune garçon par un rappel perpétuel des dangers qui le guettent et des limites que ses amis skateurs ont jugé bon de ne pas lui rappeler…
Si le film brille tant malgré une légèreté assumée dans la réalisation, c’est parce qu’il est porté par des jeunes acteurs dont la spontanéité fait mouche. Entre deux figures au skate parc, leurs conversations remplies de rêves, d’insultes et de révoltes dévoilent des personnages extrêmement attachants auxquels on se plaît à s’identifier. Si le plus jeune d’entre eux cristallise forcément l’attention par son sourire et sa persévérance dans l’apprentissage, c’est toute cette bande d’adolescents qui nous permet de vivre ou revivre une période qui désormais n’est plus.

Car s’il n’est pas un film autobiographique, 90’s reste le film d’une vie, celle des années 90 à Los Angeles. C’est aussi un film où le skate prend une part considérable, tant il rassemble des personnages pour qui cette simple planche en bois pouvait représenter un avenir s’ils fonçaient tête baissée. Pour illustrer ces mouvements, une bande-son une nouvelle fois très authentique où l’on retrouve entre autres Mobb Deep, Nirvana et le Wu-Tang Clan.

En prenant soin de ne pas sombrer dans l’artifice, Jonah Hill nous dévoile finalement une histoire des plus communes dont il parvient à transcender les émotions les plus fortes et les plus vraies. Sa capacité à cerner la période qu’il met en image et à adapter ses choix en fonction aboutissent à un film dense et émouvant qui donne d’abord envie de tomber, puis de se relever.

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