Le film sait jouer avec le spectateur. De ce point de départ Schoendoerffer arrive tout le long du film à aller de révélations en révélations jusqu’à un climax prévisible, mais joliment amené. 96 heures prend son temps, peut-être trop. De ce fait le film est lent, une lenteur relativement pertinente sur ses 96 minutes. Maintenant, pour coller à l’idée du chiffre 96 le réalisateur a dû meubler dans quelques séquences qui s’étalent inutilement en longueurs dont une particulièrement ridicule. Le rythme s’en retrouve malheureusement très contrarié et pourrait facilement perdre le spectateur le moins captivé.
Le duo Lanvin/Arestrup ne tient pas toutes ses promesses. Non que les acteurs soient mauvais, bien au contraire leur charisme et leur interprétation, à l’exception de l’irritante Anne Consigny, est l’un des éléments fort de ce thriller. C’est surtout une sous-exploitation de Gérard Lanvin qui fait défaut à cette garde à vu, un face à face bien trop sage et déséquilibré. La confrontation est pourtant réellement puissante dans certaines scènes. Niels Arestrup se détache clairement du reste de la distribution avec des montés de rage intenses.
Avec autant de défauts (scénario simpliste, réalisation plate, facilités aberrantes) que de qualités (tension, acteurs charismatiques, final puissant), 96 heures et un bon petit thriller français dont il faut saluer l’essai et l’investissement de ses acteurs avec une petite mention pour Sylvie Testud et Slimane Dazi. Le réalisateur ne se risquant malheureusement pas trop dans des choses plus audacieuses, spn long métrage ne marquera pas les mémoires, loin de là, mais restera un film de genre distrayant.