Mange tes morts en version italienne

Avis sur A Ciambra

Avatar In_Cine_Veritas
Critique publiée par le

Difficile de ne pas comparer le deuxième long-métrage de Jonas Carpignano avec Mange tes morts (2014) de Jean-Charles Hue.
Ici, l’immersion s’effectue dans le clan des Amato, gitans de Gioia Tauro (Calabre, Italie) et voisins de migrants africains vivant dans des abris de fortune. Deux communautés qui s’ignorent plus qu’elles ne se côtoient. Tourné in situ avec les individus du cru (pas moins de 30 membres de la famille Amato cités au générique), A ciambra tient du docu-fiction au réalisme sans fard. Les conversations virent souvent à des disputes parfois inaudibles. Illettrisme aidant, les dialogues se résument souvent à des injonctions ou des invectives et corroborent un scénario concentré sur le dilemme moral auquel sera confronté le jeune Pio que la caméra s’évertue à suivre tous les (mé)faits (un peu) et gestes (beaucoup). Caméra à l’épaule, cadrages serrés et mouvements d’appareil erratiques rendent le film parfois difficile à suivre.
Articulé autour d’une ossature dramatique fragile et d’une bande son mêlant chansons pop et partitions originales, le récit initiatique du jeune Pio, 14 ans, dévoile sans afféterie un monde très marginal. Pio deviendra-t-il un homme ? Cette question posée par le film trouvera une réponse dans un épilogue anodin et maladroit. A ciambra sera le candidat italien à l’Oscar 2018 du meilleur film étranger. Peut-être que la présence de Martin Scorsese parmi les producteurs exécutifs a aidé à cette heureuse destinée.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 143 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de In_Cine_Veritas A Ciambra