Je viens de comprendre ce que vous avez vécu devant Prometheus

Avis sur Alien: Covenant

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En général, j'ai du mal à trouver un titre reflétant ce que sera ma critique. Cette fois-ci, j'en ai tellement en tête que j'ai eu du mal à choisir : "Ridley Scott souffre, aidez-le", "Ode à l'amour pour toi, Michael", "Narcisse 2.0", etc... Je me suis donc arrêtée au plus pertinent.

On sait que le monde se divise en deux catégories : les défenseurs de Prometheus (dont je fais partie) et ses détracteurs. Entre les deux camps, difficile d'entamer une discussion sans risquer le conflit religieux. Pas évident de se comprendre lorsqu'on ne vit pas la même expérience, après tout.
Grâce à Alien : Covenant, en ce qui me concerne, la communication est rétablie.

Si vous avez trouvé les personnages de Prometheus idiots et vides, j'ignore quels qualificatifs inventer pour définir ceux de Alien : Covenant. Si l'aspect métaphysique de Prometheus vous a agacé, la tragédie grecque moderne et sanglante qu'est Alien : Covenant finira sans doute de vous achever. En bref, si vous avez détesté Prometheus, il m'est objectivement impossible de vous imaginer apprécier Alien : Covenant. Fuyez.

Pour les autres... Voici ce à quoi vous vous exposez :
Alien : Covenant est un film pénible à regarder. D'abord, parce qu'on s'ennuie. Les personnages sont des coquilles vides. Des corps qui bougent et parlent pour dire et faire tout ce qu'il ne faut pas dire ou faire. Absolument toutes leurs actions sont dépourvues d'intelligence ou de jugeote, à tel point qu'on espère leur mort rapide lorsqu'on parvient à ne pas leur être indifférent. Cette fois, Scott ne prend d'ailleurs même pas la peine de nous les présenter, ils ne sont que des pions qui servent le seul et unique protagoniste un tant soit peu travaillé de ce film : l'androïde.
Les décors, majestueux, sont sublimés par une photographie expressionniste qui rend les ambiances séduisantes. Le travail sonore, lui, est maîtrisé tel un savoureux rappel de ce que propose Alien : Le 8ème Passager. Malheureusement, la mise en scène ne suit pas. Les scènes d'actions, non contentes d'être inintéressantes, sont épileptiques et clichées. Chaque parcelle de scénario est si prévisible qu'on en vient à regretter l'absence de M. Night Shyamalan au générique. Et au milieu de ce copier-coller, Scott nous livre des séquences qui, pour le coup, ont de quoi laisser perplexe. Ces séquences, supposées conduire le spectateur vers une réflexion métaphysique, sont vaniteuses et déclamatoires au point d'en devenir risibles. C'est à se demander si Scott n'est pas lui-même victime du complexe de Dieu.

Ainsi, Alien : Covenant se compromet dans les deux risques majeurs (et pourtant ambivalents) auxquels les sagas sont confrontées. D'une part, il ne fait preuve d'aucune originalité, répétant inlassablement le même schéma. La redite est d'autant plus rude à avaler qu'elle est de moindre qualité. D'autre part, et c'est là tout le paradoxe, il tente si désespérément de ne pas reproduire ce qui a déjà été fait qu'il se lance dans une appropriation moderne du mythe d'Icare qui n'a pas sa place ici. Prometheus avait au moins la décence de ne pas s'estampiller "Alien".
Au final, il nous renvoie un film scolaire et adolescent, qui se veut intellectuel (un peu comme Lucy). On en ressort indifférent, si ce n'est agacé par la perte de temps qu'il a causé dans nos vies.

PS : Michael nous aura quand même bien fait marrer !

(Retrouvez l'ensemble de mes critiques par ici)

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