Personnellement, j'avais bien aimé Prometheus (surtout avec ses scènes coupées au montage rendant le tout mieux expliqué) qui est un vrai film de science-fiction, mettant aux prises l'être humain face à son créateur, avec au milieu un androïde qui réfléchit à sa création. Le xénomorphe était seulement un prétexte et qu'on le voit sous une autre forme dans le film n'est absolument pas scandaleux, n'en déplaise à certains. Pour rappel, Ridley Scott renie tous les Aliens après le sien, donc par rapport à son récit, il faut oublier ce qu'il se passe dans les 2, 3 et 4, et se concentrer sur Prometheus et le 8ème passager, dans lequel une idée d'un être créé pour des fins militaires et scientifiques est déjà évoquée. Et au milieu il y a donc Covenant (et peut-être deux futurs films avant le 8ème passager).


Le Covenant est un vaisseau de colons avec 15 membres d'équipage devant se rendre sur une planète pour la coloniser et la terraformer. Alors qu'il reste 7 ans de voyage, une éruption solaire abîme le vaisseau et oblige Walter, l'androïde fait sur le même modèle que David du Prometheus, à réveiller tout le monde. Quelques péripéties plus tard, ils reçoivent un signal venant d'une planète plus proche et semblant être humain. Cette planète étant sur le papier plus accueillante que celle où ils doivent aller, ils décident de faire le détour pour tout vérifier, mais bien entendu tout ne se passera pas comme prévu.


Sans aller dans le détail, je trouve que le scénario est bon mais mal exploiter, ou alors mal raconter. Le début est long et poussif, n'apporte rien vraiment à l'histoire générale, et ce n'est que vers la moitié du film que le récit décolle enfin. On ne voit pas trop les néomorphes/xénomorphes, et c'est tant mieux, chacune de leur apparition étant quand même assez violente et marquante (sauf sous la douche, scène inutile voulant forcer le trait d'un film d'horreur alors qu'on est vraiment dans de la SF). Mais surtout, c'est le profil de David qui est à souligner et qui en fait le personnage principal du film.


Pour ceux qui ont vu le prologue, David extermine les Ingénieurs à son arrivée sur la planète avec l'agent pathogène découvert dans le vaisseau dans le film précédent. Il y a un petit flashback dans le film sur ça. David se sent supérieur à l'être humain, son créateur, et décide donc de détruire ceux qui ont créé les humains (les Ingénieurs), mais aussi les êtres humains, tout en créant une nouvelle forme de vie parfaite, qu'il arrive en tant que parent à contrôler.


Au lieu d'un long début, je pense que le film aurait du axer son récit sur les motivations de David, qui n'est pas un méchant simplement méchant, mais comme il le dit lui-même un créateur. Mais la façon dont le personnage est amené ne rend pas grâce à sa complexité apparente, et il a plus le profil d'un scientifique fou donnant vie à une créature démoniaque.


D'ailleurs, pour ceux qui crient à l'incohérence concernant les oeufs de facehugger, regardez bien le film. David s'est servi de Shaw qui avait déjà développé un facehugger dans Prometheus pour en faire la première reine. Il en a des croquis et une dépouille. Ensuite, la reine apparaissant uniquement dans le second film, que Scott renie, possible qu'il n'y ait pas de vraie reine par la suite, sachant qu'on ne sait toujours pas comment une reine naît non plus.


Covenant a un message assez métaphysique par rapport au traitement du personnage de David, le seul vraiment traité d'ailleurs, avec son clone Walter, mis à jour pour être moins humain, car les humains ont peur de leur création passée ayant des sentiments.


Le reste du casting est malheureusement trop effacé, et ne sert finalement que de chair (à xénomorphe) pour mettre en avant les créations de David, et je pense que je ne retiendrai aucun acteur du film hormis Fassbender. Même sans être présente à l'écran, Noomi Rapace est plus efficace dans son rôle.


A voir ce que pourra donner la suite et quelle direction voudra prendre Ridley Scott, la fin ouvrant à la fois sur une suite, mais pouvant raccorder directement Alien le 8ème passager. A voir aussi la sortie en BR/DVD, si elle rajoutera des scènes rendant le tout plus pertinent comme pour Prometheus.

Elkala
7
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