Mads vs. Wild

Avis sur Arctic

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Pour cette première séance de minuit de l’édition 2018 du Festival de Cannes, Thierry Frémaux et son équipe ont essayé de rompre avec la coutume en mettant à l’honneur un premier long-métrage : Arctic, du musicien et cinéaste brésilien Joe Penna.

Arctic, c’est un film minimaliste autant que cliniquement réaliste. Un film sur un homme, Overgård (Mads Mikkelsen) qui tente de survivre dans le grand froid suite au crash d’un avion. L’environnement où se retrouve cet homme est tout sauf accueillant. Et pour cause, ces étendues désertiques blanches de l’Arctique forment un terrain de jeu parfait pour que la Nature reprenne ses droits. Outre le froid glacial (jusqu’à -70°C), c’est aussi les tempêtes et la présence de prédateurs redoutés (ours polaires) qui rodent derrière cette immensité neigeuse.

Les parallèles possibles avec The Revenant (Alejandro González Iñárritu, 2015) sont évidemment nombreux suite à la description que nous venons d’accomplir. Pourtant, outre cette volonté de survivre, la présence d’un ours, la performance de l’acteur principal et les conditions extrêmes de tournage (ressenties au visionnage), rien ne semble lier les deux œuvres. The Revenant voyait ainsi Hugh Glass (Leonardo DiCaprio) dans une optique de vengeance. Une vengeance face à ses anciens comparses et notamment John Fitzgerald (Tom Hardy). Non, si l’on doit rapprocher Arctic d’un film, c’est bien du Seul sur Mars de Ridley Scott (2015) dans sa manière d’envisager la survie dans un espace nous étant parfaitement hostile et étranger. C’est bien là l’essentiel du film de Joe Penna : montrer Mads Mikkelsen se livrant à un numéro de soliste pour subsister face à la Nature. Obligé de se réfugier dans la carcasse de l’avion détruit, il lutte au quotidien, il s’adapte et il ne se résigne pas, guidé par son instinct de survie. Il établit par exemple un système pour pêcher des poissons à partir de fils électriques tout droit sortis du système de commande de l’avion accidenté. Pourtant, un nouvel accident (d’hélicoptère cette fois-ci) vient briser sa routine millimétrée. Overgård décide d’aller constater les dégâts. Il y perçoit une jeune femme (María Thelma Smáradóttir) comme seule survivante de ce drame. De cet événement inattendu, le plan envisagé de survie par le personnage de Mads Mikkelsen s’en voit considérablement modifié. La lutte s’effectue désormais au pluriel…

Minimaliste et réaliste, Arctic est un film de survie qui se laisse regarder malgré une lenteur indéniable et une incapacité notable à faire évoluer le récit sur ces quelques une heure trente de film. Dommage, on attend plus d’une séance de minuit cannoise, le numéro de soliste de l’incroyable Mads Mikkelsen n’y changera rien !

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