Et plutôt chuchotements que cris. Ce qui se passe entre ces deux-là est au delà de la haine, de la colère, de la passion. C'est indicible, mais inéluctable. La fin d'une aventure qu'on devine belle, d'une complicité qu'on imagine sans peine totale..
L'histoire de Pomme et de Pierre pourrait être un énième boboïsme verbeux. Mais c'est sans compter l'art de Sophie Fillières à rendre les choses drôles, à la limite du burlesque. La reine des Pommes est bien maladroite,ce qui permet à la réalisatrice d'exploiter des situations vraiment cocasses. Ces petites scènes comiques sont de véritables respirations dans une ambiance très grave où les personnages principaux sont dans une situation de quasi-deuil, du deuil de leur amour.
Le film bascule quand Pomme, n'arrivant plus à porter seule à bout de bras cette tentative de sauvetage de ce qui ne peut être sauvé, Pomme reste là haut dans la forêt pendant quelques jours ... Le film devient plus introspectif, très émouvant dans ce compagnonnage de Pomme avec elle même. Émouvant dans l'immobilisme de Pierre par rapport au départ de sa femme, de cette femme dont il ne sait pas s'il veut la retrouver ou si au contraire il est content d'en être éloigné, tant la proximité entre les deux est explosive.
Voir Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos jouer avec tant de complicité dans leurs échanges fait plaisir à voir. Tout est très fluide dans le jeu, très crédible. Ils parviennent à nous embarquer dans cette histoire, sous la houlette d'une Sophie Fillières très en verve...