Le marketing filmique

Avis sur Astérix aux Jeux olympiques

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Après l'annulation d'un Astérix en Hispanie soutenu par l'équipe du Splendid et réalisé par Gérard Jugnot, Uderzo s'est senti inspiré d'accepter le projet d'Astérix aux J.O. Pourquoi pas, après tout ? Le casting était solide pour une grosse prod' et le réalisateur tenait la route dans ce genre de projets. Thomas Langmann n'est clairement pas un grand metteur en scène mais il avait déjà assuré un blockbuster à la française avec Le Boulet. Malheureusement, tout part en couilles dès les premières minutes.

Et oui, je n'épargne pas le suspense mais le film est de toute façon sorti donc y'a pas mort d'homme. L'énorme problème de ce film est qu'il essaie de faire rire comme l'Astérix de Chabat mais il dispose de l'humour lourdaud du premier. Les acteurs en font des caisses, on est dans le monde de la BD certes mais quand même... Benoit Poelvoorde est imbuvable et méconnaissable par rapport à son registre habituel. Il cabotine d'un bout à l'autre et pourtant, j'aime beaucoup le personnage. Et dire que c'est lui qui est censé tenir le film sur ses épaules ! Mais il n'est pas seul dans son naufrage puisque l'ensemble du casting est à la ramasse. La première scène d'Alain Delon est horriblement pathétique. J'en avais des frissons de honte. Une longue tirade face caméra écrite avec les pieds où il nous gratifie de références à sa filmographie qui ne feront rire que lui. José Garcia, Franck Dubosc, Elie Sémoun sont aussi nuls les uns que les autres dans des rôles qui ne servent à rien, sinon juste à faire plaisir aux acteurs et à leurs banquiers. Et je n'évoque pas la performance de Stéphane Rousseau en Alafolix qui m'a laissé un souvenir similaire à celui d'une ligne qui passerait en travers de l'écran un quart de seconde.

Dans cette pléthore d'acteurs, on en oublierait presque l'autre duo qui fait pourtant partie du titre : Astérix et Obélix. Comme dans le second volet, ils font de la figuration mais ici ce sont ceux qui s'en sortent le mieux. En même temps, difficile de laisser une mauvaise impression. A tout casser les deux figures de la BD collectionnent 15 minutes de répliques sur 1h53. Bien assez pour que Cornillac se fende d'un monologue risible (dans le mauvais sens du terme) envers César dans l'arène des épreuves. Bien des choses à dire donc sur cette horreur qui pue le fric et les effets spéciaux placés là où on ne savait pas quoi foutre d'autre.

Manque de scénaristes, manque de vannes, acteurs en trop, film sans fin : rien ne va.
Avant de faire un film, ils ont du penser à une stratégie marketing pour le vendre. On va placer des guests, des sportifs connus à l'étranger (Schumacher, Zidane, Tony Parker... ) pour appater le chaland et emballer le tout avec des acteurs connus et des vannes à deux francs qui feront rire les enfants.

Une horrible croûte sans nom qui donne envie d'assassiner toute l'équipe du film et qui fait sourire 5 fois en étant dans un bon jour. Bien content que les résultats ne soient pas si bons que ça, cela donnera une leçon et poussera peut-être à écrire un scénario et non pas un plan de com'.

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