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Banana Joe par Incertitudes

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Le fameux tandem Bud Spencer-Terence Hill a donné lieu à plusieurs comédies dans les années 70/80 que je ne vais pas énumérer ici tant elles sont connues de tous bien qu'elles soient moins diffusées aujourd'hui à la télévision. Plus particulièrement, ils excellaient dans le registre du film de baston familial qu'a repris plus tard Jackie Chan.

Mais ce que l'on sait moins, c'est qu'à l'instar de son copain blondinet aux yeux bleus, il a continué parallèlement une carrière en solo. On lui doit la série des Piedone où il incarne l'inspecteur Rizzo, série de quatre films réalisés par Steno et il est tout naturel de le voir dans Banana Joe réalisé par ce même Steno en 1982. Un Bud Spencer pleinement investi puisqu'il est à l'origine du projet sous son vrai nom : Carlo Pedersoli.

Il est Banana Joe, une sorte de marchand qui fait vivre tout un village sur une île grâce à son commerce de bananes. Quand un vil industriel vient l'enquiquiner pour monter une usine de bananes, il est contraint d'émigrer en ville à la recherche d'un certificat lui permettant de prouver qu'il peut bien vendre ses bananes.

Banana Joe est vraiment à l'image de Bud Spencer. Déjà le côté exotique, il a pu l'explorer dans d'autres films comme Salut l'ami adieu le trésor ou Attention les dégâts ou dans sa propre vie, après sa carrière de nageur, il a beaucoup voyagé en Amérique du Sud. Et ce rôle de gros dur au cœur tendre, il l'a déjà joué cent fois avec Terence Hill. Dans ses différents films, il veillait bien à ce que les bagarres notamment ne soient pas trop violentes pour justement qu'elles puissent être regardables pour des enfants. Et Bud Spencer adore les enfants.

Les blagues sont gentillettes, les méchants plus bêtes que réellement méchants et Bud Spencer, bien qu'étant un acteur limité quoi qu'on en dise, arrive à faire sourire. Cet indigène illettré qui arrive dans une autre "jungle", urbaine celle-là, noyée sous la bureaucratie et la corruption est un contraste qu'il voulait évoquer dans le scénario. Il voulait montrer d'un côté l'île où on ne va pas à l'école mais à la pêche, et d'un autre côté, la ville où on nous demande de consommer même en pleine rue, où il faut naviguer de guichet en guichet pour obtenir une carte d'identité puis un certificat de naissance. Bien sûr que le trait est exagéré mais c'est de là que vient le rire car quand on connaît le caractère de Bud Spencer, on sait qu'il n'est pas spécialement patient.

Ce n'est pas du Fellini, on est d'accord, et ça ne vaut pas non plus Deux Super-flics ou Pair et Impair dont les musiques apparaissent dans le film. En fait, Banana Joe souffre de l'absence de Terence Hill, meilleur acteur, car Bud Spencer a peut-être la carrure un peu juste (sans jeu de mot) pour porter un film sur ses épaules. J'ai plus l'impression qu'en raison également du cabotinage excessif des méchants, en particulier le lieutenant quand Spencer est enrôlé dans l'armée, Banana Joe se destine plutôt aux enfants. Et moins aux admirateurs du duo.

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