Je suis à la veille d'aller me farcir le dernier Batman de Nolan. J'ai quelques espoirs d'apprécier (edit : raté), mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'il sera incapable de détrôner le meilleur film Batman de tous les temps passés et à venir. Entre le Batman de Nolan, voulu réaliste et ancré dans notre époque désespérante, et le Batman de Tim Burton à l'univers décalé, gothique et délirant, ma dévotion est acquise depuis longtemps au second.


Batman le défi, c'est le film de super-héros parfait au cinéma, pour la simple et bonne raison qu'il ne se contente pas de s'appuyer sur l'ambiance d'un comic culte ou de singer ce qui est désespéramment souhaité par les aficionados du bonhomme en collants. Batman le défi, c'est le travail d'un cinéaste au faîte de sa gloire (Tim Burton venait de signer son chef d'oeuvre absolu Edward aux mains d'argent) qui s'empare à nouveau du personnage qu'est Batman pour l'intégrer à son univers, l'accorder à sa sensibilité. Celui des monstres et des fous, des bizarreries glauques et délirantes.


C'est un Batman 100% Burtonien donc, cette remarque est souvent un reproche fait au film, comme si Batman avait été souillé par cet apport à sa mythologie. A mon sens il a pour moi la même légitimité qu'un Batman signé Alan Moore ou Frank Miller. Un auteur réinterprète un super-héros pour lui donner une nouvelle dynamique, une nouvelle profondeur, une mythologie revivifée. Où est l'insulte, je vous le demande? Où est le sacrilège?


Batman le défi flirte constamment avec le pur génie. Entre sa narration alambiquée qui se suit comme un rêve cauchemardesque, un Batman naviguant contre vents et marées dans un chaos perpétuel, des décors érigeant une Gotham City grandiloquente et crasseuse à la fois, la musique aux thèmes épiques de Elfman, les moments d'anthologie se succèdent. On enchaine les scènes cultes à t'exploser la rétine de jouissance et l'esprit éparpillé de folie retranscrite à l'écran. Ce baiser final de Catwoman où les gerbes électriques s'amoncellent dans la pénombre des égouts reste une image à jamais gravée dans ma pupille qui me file des frissons à chaque fois.


Un mot sur le casting. Si Keaton reste très sobre dans sa performance, à l'instar de l'opus précédent, Danny de Vito s'en donne à coeur joie dans un rôle taillé pour lui, le personnage bénéficiant de toute évidence d'une sincère affection du réalisateur. Et au dessus de la mêlée, Michelle Pfeiffer incarne une Catwoman sublissime de noirceur et de folie meurtrière, sans oublier d'être incroyablement séduisante, fascinante. Quant à Christopher Walken, chacune de ses apparitions est magistrale.


Ce film est 100% Burtonien oui. Il est également 100% Batman. L'homme chauve-souris, de part sa complexité, méritait un film à ce point paroxyste et artistiquement engagé vers des contrées nouvelles. Il en est sorti grandi, immense figure dans le panthéon de super-héros, dammant le pion à tous ses compères DC et Marvel.


Vive Batman. Vive Tim Burton. Vive le cinéma de super-héros.

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