Aéroport de Paris: Take off and fly

Où la beauté de l’art croise le profond ennui.

Madame Pascale Ferran, je ne connaissais rien de votre cinéma avant visionnage de votre « Bird People ». N’ayant rien lu sur ce film au préalable, je n’avais je suppose dès lors aucun préjugé, aucune attente particulière.

Pendant plus de quarante minutes, j’ai dû lutter contre le sommeil, ne sachant plus si votre récit allait finir par décoller avant que je ne me lasse d’attendre. Quant enfin, Gary décida de rendre hommage à son nom en devenant un nouvel homme. A partir de moment, mon éveil à votre vision de la vie débuta.
Car il est bien question ici de la vie, n’est-ce pas ? Gary Newman a eu un déclic. Il a réalisé qu’il s’emprisonnait dans une vie qui ne lui plaisait pas ou plus. Puis, par une décision plus ou moins réfléchie, lâche ou forte de courage, égoïste ou altruiste, il laissa tout tomber. Qui n’a jamais senti ce besoin ? Combien vont jusqu’au bout de ce désir ? Combien regrettent ce changement de point de vue ?

Vous auriez pu vous arrêter là. Une scène entre Gary et sa femme de l’autre côté de l’Atlantique, par ordinateur interposé. Gary déambulant la nuit dans les couloirs presque déserts de l’aéroport, un sac avec quelques bouteilles à la main, et renouant avec les personnes qui comptent vraiment pour lui. La copie eut été correcte. Vous aurait cependant été reproché un manque d’originalité, malgré le détournement que vous faites des publicités qui ont je présume financé une partie de votre œuvre.

Alors Anaïs Demoustier revint à l’écran et pris son envol majestueux. Wow, on tient quelque chose. Un film français moderne qui commence comme beaucoup d’autres, par l’ennui, et s’en sort de manière magistrale et tout à fait inhabituelle. Est-ce un rêve ? Me serai-je finalement endormi ? Impossible, mon esprit n’a pas la fibre artistique requise pour imaginer cela.

Pourquoi ce final bancal, Madame ? Craigniez-vous qu’une absence de retour dans le « réel » soit trop troublante ? Ou bien votre romantisme a-t'il pris le dessus sur l’inspiration artistique ?
Quoiqu’il en soit, je regrette, mais je ne peux pardonner les turbulences du décollage et de l’atterrissage. Quelle nécessité d’atterrir, d’ailleurs ?
Alban_Croc
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le 6 mars 2015

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Alban Croc

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