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Avis sur Bohemian Rhapsody

Avatar Manon Jaillet
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Rami Malek crève l’écran par son jeu d'acteur incroyablement profond et puissant : toutes les émotions traversent son visage, de la tristesse à la rage de vivre, en passant par l'enthousiasme, et surtout sa putain d'audace. Le naturel et la spontanéité du personnage sont puissamment retranscrites, à en donner des frissons.
L'alternance des scènes de vie et de concerts placent le spectateur dans le quotidien du groupe, et créent une expérience cinématographique similaire à A star is born dans son schéma ascensionnel en cloche, mais surtout ces moments tous spéciaux où l'on tombe dans une espèce d’hystérie fanatique. Ce qui est extrêmement puissant, c'est aussi que nos sensations sont très proches de celles ressenties lors d’un concert. Par exemple, l’émotion viscérale des basses et de la grosse caisse qui nous traversent de part en part, ou encore la fascination, voir la fanatisation d’assister à l’un des plus grands concert jamais fait, le Live Aid.
On remarquera la dimension fantasmagorique de ce personnage si charismatique au sex appeal incroyable. Cependant, sa sexualité n’a selon moi pas été assez abordée. Elle était pourtant l’une des choses qui le définissaient après la musique : sa sexualité débridée, libérée et assumée qui faisait de lui un homme fantasmé autant par les hommes que par les femmes. Elle a cependant mené à sa perte, en effet il meurt à l’âge de 45 ans à cause d’une pneumonie liée à son sida.

A l'image, on a Newton Thomas Sigel, des plans vertigineux en panoramique plongée à en donner le vertige, et des plans pied et gros plans qui nous donnent à voir chaque expressions des acteurs.
Un travail des couleurs, des décors et des costumes absolument fantastique qui retranscrivent brillamment l’ambiance des années 70’s.

Bon, maintenant, place aux choses qui ne vont pas.
Ok, on est plongés dans ce bain de célébrité, de paillettes, d’arrogance et d’audace. Mais il manque vraiment la fin du schéma en cloche qui aurait pu rattraper un peu le côté édulcoré du film, qui, honnêtement, manque vraiment de réalité : le sexe, la drogue, la maladie : on en entend seulement parler, et encore …
Je ne crois pas que ça soit une tendance perverse de vouloir voir les choses de manières crues (quoi que, il faut être un peu pervers pour apprécier un biopic), mais juste avoir la réalité en face, et ce qui a réellement constitué l’histoire d’une légende. Ça manquait de dérangeant, de bandant, de grinçant.

En attendant, Rami Malek reste l'acteur le plus sexy dans ce rôle complètement extravagant et génial.

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