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Bohemian Rhapsody par LuluCiné

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Queen évoque forcément quelque chose à chacun d’entre nous, une force évocatrice de la musique qui, même lorsqu’on est enfant, a quelque chose de transcendant. Je n’ai pas toujours été d’accord avec les goûts musicaux de mes parents, ou alors je les aimé sur le tard, mais Freddy Mercury reste un excellent souvenir.
Le biopic devait donc être à la hauteur de l’homme, charismatique et plein de complexe. Hors voir Sasha Baron Cohen être écarté au profit de Rami Malek me laissait dubitative. La première chose qui m’a sauté aux yeux, reste cette performance en demi-teinte, Maleck donne de la force à Mercury surtout quand il est sur scène ; le reste donne l’image pitoyable d’un acteur ayant du mal à jouer avec sa prothèse dentaire.
J’ai donc souvent vu Rami et non Freddy, ce qui ne m’aidait clairement pas. Mais rendons lui grâce car sur scène, l’acteur sauve la performance et reprend le dessus. Je ne dis pas que c’était mal joué mais toutes les scènes ne sont pas de la même teneur.
La deuxième boulette vient d’un énième biopic sans saveur, retraçant un schéma moult fois utilisé à Hollywood pour raconter les légendes. Ici il n’ y a aucune prise de risque et les étapes du groupe forment une scène après l’autre sans jamais vraiment d’âme. L’erreur est d’ailleurs de ne pas utiliser le merveilleux support qu’est la musique de Queen pour lui donner encore plus de puissance par le biais du cinéma. La musique se suffit alors à elle-même, preuve en est, le public n’est cueillit qu’à la fin, lors du concert ; je me suis donc dit que si le film s’était basé sur juste une retranscription d’un concert il aurait eu plus de force que ce qu’on nous a montré sur 2h15.
Le scénario ne dénote pas par son ampleur et suit ce que tout le monde sait sans jamais apporter une touche plus fantaisiste ou osée. De toute façon rare sont les biopics qui peuvent tirer leur épingle du jeux (Love and Mercy venait éclairer un pan intime de l’histoire de Brian Wilson, quand Moi Tonya prenait le contre-pieds plus large d’une critique de l’Amérique).
Bohemian Rhapsody table donc sur la star de Queen, rattrapant par moment l’idée que seul Mercury était la vedette du groupe, il n’empêche que les autres membres sont trop souvent éclipsés au profit d’une image lisse d’un Mercury aux airs de repentis. Le film aurait mérité un éclairage plus approfondit sur l’origine du groupe, ou alors profiter pleinement du génie musical sans en faire une simple BO, forcément géniale.
Pourtant on ne s’ennuie pas, le film se targue d’une composition musicale de fou et d’un casting riche ce qui fait qu’on est en joie d’entendre les titres. Le montage lasse mais ne nous perd pas ; mais Bohemian Rhapsody manque d’émotion alors même que tout est là pour la susciter, l’annonce même du sida n’est en soit pas une scène mémorable, seules les quinze dernières minutes suscitent enfin un sursaut.
Queen vaut un détour pour sa légende, mais le cinéma n’a toujours pas compris ce que le public attend d’un biopic, une prise de risque.

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