Bohemian Melancoly

Avis sur Bohemian Rhapsody

Avatar Alexandre Godard
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Compliqué…

Je suis fan de Queen, il s’agit de mon groupe préféré. J’ai avaler un certain nombre de documentaire sur eux, sur Freddie et je possède une bonne moitié de leurs albums et je les ai tous au moins écouté une fois.

C’est très difficile de se détacher de cela tant on s’approprie un groupe ou un personnage et je ne veux pas me poser en gardien du temple, chose que je méprise car manquant de recul.

Aussi, je dois dire que j’ai ressenti de très fortes émotions sur ce film. J’ai été touché, j’ai sacrément vibré mais, certaines choses m’ont gênées au point de me priver du grand film que je voulais voir et qui transparaît parfois.

1/ on peut trahir la réalité pour donner de la dramaturgie à un film et c’est même important de le faire. Mais la limite entre bonne et mauvaise trahison est mince et il n’y a pas de règles pour la définir. Pour moi, la réalité a été trop trahi sur ce film.
Des choses pas grave (la rencontre avec Mary…) et d’autres beaucoup plus (la révélation du SIDA de Freddie, la soi-disant pause du groupe avant le Live Aid). Il y’a cette volonté de faire de Freddie un ange déchu qui revient des enfers et qui sauve Queen. Et non, c’est faux. Queen, c’est Freddie certes mais aussi John, Roger et Bryan. L’alchimie du groupe vient du groupe. Les membres de Queen ont toujours été les mêmes jusqu’au décès de Freddie. Il n’y a pas beaucoup de groupes dont on peut dire cela. Quand au SIDA, le mettre au centre de la renaissance de Queen, avec tout le pathos que ça draine (Who Wants to Live Forever avec une lumière christique…).

2/ ce film est malade. Pour 2 / 3 plans complément ouf, on a un film plan/plan sans réelle prise de risque à la limite de la fadeur, sauvé par des acteurs vraiment bons dans leur rôle. J’ai peine à croire que le film soit de Bryan Singer. Qu’on aime ou pas le bonhomme, il est créatif, attentif au ton de ses films, conceptualise plutôt bien (X-Men, Usual Suspects). Je ne retrouve pas cette ampleur. Je sais que Brain May et Roger Taylor ont été très interventionniste et je pense qu’on peut le déplorer. On sent une espèce de film bicéphale parfois cinématographique, souvent télévisuel. Comment le gars qui est papa du film de super héros moderne (2000 soit 2 ans avant Spider-Man de Sam Raimi qui a fini de déterminer les grandes lignes du médium) a pu livrer un fill avec si peu d’ampleur ? Il est parti à 2 semaines de la fin du tournage ? Je me demande surtout pourquoi plutôt que de le blâmer.

Le film manque d'ambition.

Clairement.

Avec des choses fausses qui ternissent le film sans rendre hommage à Queen et encore moins Freddy. J'ai aimé mais c'est surtout dû aux grandes chansons du groupe et à cette impression que j'ai au moins une fois dans ma vie vu Queen sur scène, chose qui ne se produira jamais (même si May et Taylor tourne encore, il manque quand même John Deacon, le membre le plus discret du groupe qui a écrit peu de chansons mais pas des moindres !).

J'ai quitté la salle les yeux humides de cette émotion de fan car j'ai vu ce groupe sur scène mais aussi parce que le film s'est payé toutes facilités pour faire du pathos.

Rageant et puissant, intense et fade.

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