Un gros zizi ça peut servir

Avis sur Boogie Nights

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Anderson maîtrise déjà parfaitement son art, de la caméra (matez un peu les plans-séquences de l'artiste) à la photographie et la lumière, c'est quasiment parfait.

On y est dès la première scène, dans ce monde de la nuit de la fin des années 1970, avec de la pussy, du fric, du dancefloor, des fringues très old-school et quelques gros zizis; le tout filmé à la Scorsese sans tomber dans un vulgaire plagiat (on ne peut passer à côté de cette présentation des personnages sans penser aux Affranchis...). Coup de bol pour Mark Wahlberg (Eddie qui devient ensuite le terrible Dirk Diggler), il est bien né pour faire du porno. Mais un don de la nature ne signifie pas une famille géniale ; coincé entre une mère castratrice, tarée et un père muet, Eddie va trouver une vraie famille entre Jack et Maggie (à la fois la mère et la putain), aux côtés de Reed (l'excellent John C. Reilly) en qui il trouve un frère. Tout va aller très vite forcément, il rafle tous les titres (dont celui de plus gros sexe) mais va forcément aussi prendre la grosse tête. Il flambe : grosse voiture, grande maison, narcissisme (le double D sur les rideaux), suffisance, oubli des fondamentaux (la famille évidemment) et cocaïne, plein de cocaïne. Entre temps, des scènes incroyables de ces grands films réalisés par Jack, le porno comme on l'aime avec ses scénarios originaux ("avoue, balance ou je te baise"; "c'est bien toi l'étalon dont on parle tant"; "on va voir la chatte du samedi soir" et le classique "on baise nous, on se fait pas baiser"). La mise en abyme est parfaitement orchestrée, on passe avec Anderson derrière, pour notre plus grande joie même si le voyeurisme laisse presque immédiatement place à un sourire complice. Ah oui, c'est encore très scorsésien la seconde famille, l'ego qui s'envole forcément aussi. Et encore, on n'a pas parlé de la façon dont Dirk Diggler se regarde dans le miroir, se parlant à lui-même ni de la seconde partie du film qui va marquer la chute de Dirk. A jouer les Rambo, Dirk va trop loin, c'en est terminé avec Jack et malheureusement pour lui, il n'en a pas tant que ça dans le pantalon. Il n'est pas fait pour la vie de truand. Il faut absolument voir cette scène incroyable, absolument géniale où Dirk, Reed et un autre pote cramé tentent d'arnaquer un cinglé en lui vendant de la coke, scène qui me semble rappeler explicitement Pulp Fiction, peut être à tort. Terrorisé, Jack et Maggie lui ouvrent de nouveau les bras, la famille est de nouveau réunie, identique et différente, et Dirk recommencer ce qu'il sait faire le mieux. "Home, sweet home".

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