« So crazy » !!!! Quentin Tarantino est un vrai malade. Il signe un film aussi stérile que jouissif, et avouons-le haut et fort, ça fait un bien fou ! Résolument décalé, forcément déjanté, ce « Boulevard de la mort » porte la marque de fabrique de son auteur et l’on franchit les frontières du politiquement correct avec délice…
Film d’ambiance, film de caractère, on se replonge dans l’univers vieux ciné de quartier, griffures de pelloche, décrochage de bande son et remontage usé à la clé… Hommage à la série B dans ce qu’elle avait de pire, donc tendant vers le Z, tout ici est second degré et hommage au cinéma qu’il aime, avec belles pin-up cellulitées, grosses caisses, des courses poursuites et du gore… Hommage dans le cadre, le traitement de la photo, mais aussi par l’omni présence d’affiches, d’objets évoquant tel ou tel film… Il parle des femmes également, ou plutôt ce sont elles qui parlent, beaucoup, trop sans doute à un moment. Il exprime par écran interposé sa vision fantasmatique, ou adresse des clins d’œil malicieux plus secrets (Kristen Dunst par exemple).
Tarantino balance la gomme et sa mise en scène est prodigieusement époustouflante. La scène finale tient déjà de l’anthologie, les cascades et le montage sont ahurissants.
On pourrait toutefois reprocher à l’ensemble un côté un peu trop superficiel, voire primaire, mais ce n’est rien en rapport de la claque que l’on se prend, et on en redemande !
Il est quand même regrettable que la France n'est pas eu l'audace de sortir "Grindhouse". Tarantino a son public chez nous, et en voyant "Boulevard de la mort", on se met à imaginer ce qu'aurait pu être le film de Rodriguez, les bandes annonces (Rob Zombie, Elie roth, excusez du peu !)... on se vengera, on peut l'espérer, sur le DVD collector.