Guerre de clans.

Avis sur Bronx

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Après Carbone, qui flirtait plus avec le thriller, Olivier Marchal revient à ce qu'il sait faire de mieux, du policier avec de la burne testostéronée, qui est sur la base de guerre ouverte entre clans de la police, au sein de Marseille.sur fond de lutte entre les caïds du Nord de la ville et un groupe de Corses.

Olivier Marchal est un réalisateur que j'aime bien, car on sent qu'il aime mettre ses rêves de cinéphile sur grand écran tout en étant influencé par son passé de flic, et ça donne des policiers qui réveillent dans un cinéma français qui avait l'air assoupi depuis Melville ou Corneau, ou alors La guerre des polices. Et il faut dire que c'est très bien réalisé, à tel point que j'ai compris ce qui se passait, y compris sur l'affrontement à la plage de nuit, où un Zodiac (pas un chevalier, un bateau) va être brûlé. Il suffit de voir la superbe scène finale, qui sonne un dernier acte d'une tragédie grecque, pour voir que oui, Marchal sait filmer. Et il est capable de mettre en valeur ses comédiens, dont Lannick Gautry, que je ne connaissais pas, et qui a une gueule. tout comme le fait d'avoir choisi le sosie de Jacques Durtonc qui est Stanislas Merhar, le rappeur Kaaris, ainsi que Jean Reno (qui fait une cascade très dangereuse à un moment donné ; il nage !), Gérard Lanvin et Claudia Cardinale, dans une apparition de trente secondes chrono. Il y a de quoi passer un très bon moment, ça mitraille à tout va, ça n'est pas surdécoupé...

Maintenant, il faut aussi dire, et je l'avais déjà écrit au moment de voir Carbone, mais il faut vraiment que Marchal embauche un dialoguiste, parce que là, une phrase sur trois avec une insulte, ça n'est plus possible. Je ne demande pas aux policiers de citer du Shakespeare, mais je vais vous faire l'économie d'une grosse partie des dialogues qui se résument à fils de pute, enculé, je m'en bats les couilles, nique sa mère, connard, salope, ferme ta gueule... Même pour dire une phrase aussi simple que Ecoute-moi, il ne peut pas s'empêcher d'y ajouter un fils de pute. Et c'est comme ça durant le visionnage, où bizarrement, la sobriété se fait reine durant la très belle scène, la meilleure du film, où Gérard Lanvin, transféré dans une nouvelle prison, demande à faire un écart vers l'hopital où il veut voir une dernière fois sa femme mourante. Là, c'est bien parlé, bien écrit, avec des silences... Donc oui, Marchal sait sans doute bien écrire, mais s'il enlevait une bonne partie des vulgarités, son cinéma respirerait un peu mieux.

Le succès de Bronx sur Netflix assure probablement au réalisateur de faire un autre film, mais là, entre la noirceur constante, son désespoir, il est vraiment temps qu'il montre autre chose, à l'instar de Carbone. Car il a du talent, mais il s'enferme trop dans ce qu'il connait...

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