Apparences.

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Avatar Errol 'Gardner
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Les apparences sont souvent trompeuses.

J’avais mal jugé ce film des frères Coen lorsqu’il est sorti au cinéma. Souhaitant plus que tout au monde un autre film de la trempe de leur précédente oeuvre (No Country For Old Men), ma déception était de taille. N'y voyant en apparence qu'un film mineur. J’ai alors dit au film : « à la revoyure ».

Et la revoyure était chouette. Décomplexé depuis longtemps par les exigences que je plaçais en ce film, c’est au contraire avec une certaine délectation que je le vis récemment.

Un film sur le thème plus ou moins évidents des « apparences », avec en toile de fond un scénario d’espionnage assez léger type – « Spy Games pour les beaufs ». Un certain Cox, personnage ubuesque, vient de se faire virer de la Cia. Tout semblait aller bien (en apparence), mais il vient de se faire jeter comme un malpropre.
Sa femme semble fidèle. Sa femme le trompe avec un certain Harry Pfarrer, qui semble aimer sa femme même s’il la trompe. La femme d'Harry semble être la seule pour qui la notion de mariage semble être encore une valeur sûre. Harry paraît sûr de lui, il semble avoir des certitudes dans sa vie plutôt rangée, mais (je vous le dit) tout n’est qu’apparences. Il ne faut pas se fier aux signes, même si ceux-ci ont l’air de parler d’eux-mêmes. Les hommes se sont toujours fiés au « signes », de tous temps. Signes des temps, signes que tout va mal, signes que tout baigne, signe d’étang, signe qu’on est sur un gros coup, signe d’une grande aubaine, signe que tout va foirer.

Le film pêche drôlement par son rythme, comme si celui-ci était curieusement axé sur les cadences variées des clients de cette salle de gym, ce club de remise en forme bien nommé Hardbodies Fitness où sont employés deux héros, très « coenniens » par leurs coiffures respectives. Deux nigauds qui pensent mettre la main sur le pot aux roses : un cd qui contient des noms. Et alors? En apparence, c’est du "top secret". Ils se lancent dans un chantage qui les dépasse, aspirant dans la spirale de leur grosse connerie leur entourage ou des gens qui se retrouvent depuis peu liés à ces gus.

En apparence, Linda est une belle femme qui ma foi à l’air bien dans ses baskets, pense le chef du club de gym Ted Treffon qui aurait pu s’appeler Troufion. Elle croit dur comme fer au bienfondé d’une opération de chirurgie esthétique qui lui paraît indispensable et dont le résultat semble assuré à l’avance, tant les opérations dans ce domaine brillent par leur efficacité.

Le monde a mis en place (en apparence, oui...) un complot contre Harry Pfarrer, l'idiot attachant qui se sent (logiquement) attaqué par de drôles d’espions qui semblent réellement l’agresser. Réunissant avec une logique de paranoïaque tous ces signes qui semblent étonnement corrélés entre eux, et couler de source avec une cohérence désarmante (et hilarante), cet ahuri démontre que la paranoïa n’est que le fruit d’un esprit malade, à cause d'un malheureux concours de circonstances traumatisants.

Evidemment, c'est parfaitement déjanté. Georges Clooney est tout simplement parfait. Brad Pitt joue parfaitement les crétins déjantés. La machine originale fabriquée par Clooney est déjantée (en apparence).

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