La bombasse acnéique

Avis sur Ça

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Un bon film d'horreur, pour moi, doit par essence titiller quelque part ton instinct de survie." Ça "m'a titillé mon envie de vérifier mes textos pour passer le temps.
Comment faire un excellent film d'horreur/ d'épouvante? Tout est dans la subtilité mon cher Watson.

D'abord il faut distiller savamment au fur et à mesure une atmosphère angoissante et oppressante qui monte crescendo. Ce qui fait peur, c'est l'incongru, l'étrange dans le normal. Imaginez un rer B aux heures de pointes plein, puis à la faveur de néons clignotants et d'un silence soudain, un autre rer arriver, pas annoncé et complètement vide. C'est l'incongru qui débarque dans le normal, l'élément bizarre qui va quelque part titiller l'instinct de survie.

Et puis il y a les blockbusters Hollywoodiens qui si ils ne font pas dans la finesse, compensent par des effets spéciaux, un peu comme la bombasse du lycée qui une fois ses trois tonnes de maquillage enlevés, se retrouve avec des cratères acnéiques à faire pâlir mars.

"Ça", c'est la bombasse acnéique maquillée à outrance. "Ça" n'invente absolument rien de nouveau, plus d'une fois on se demande pourquoi le monstre met trois secondes à bouffer quelqu'un et une heure trente à faire peur à quelques mômes. Hormis ce petit détail, comme le film n'a pas vraiment d'idées, il repose en très grande partie sur des jump scare, ces instants ou le méchant saute tout d'un coup sur les protagonistes (et donc sur le public par contre coup). Le gros problème de ce mode de peur c'est que le taux d'adrénaline s'envole très vite très loin et de même redescend très vite, et c'est quand la peur redescend qu'il faut savoir la repêcher habilement et très rapidement avant qu'elle ne se transforme en ennui. On aurait pu se prendre au jeu et entrer dans un cercle délicieusement apeurant: jump scare, tension épouvantable, autre jump scare qui s'y rajoute... mais non. Entre deux jump scare, rien. Pire, les mômes trouvent le moyen de sortir des répliques humoristiques pour encore plus faire baisser la tension. A ne baser le film que sur ce mode, le public au bout d'un moment décroche. Dans la salle, lassés par les mêmes ficelles lourdes et prévisibles les gens ont commencé à sortir leur portable et à envoyer des textos. Mon groupe et moi avons eu la désagréable impression de regarder un stranger thing avec un tout petit peu plus de gore, impression encore plus accentuée par la présence d'un des acteurs de la série. Et que dire de Pennywise? Peut-être que si je n'avais pas vu le téléfilm avant il m'aurait éventuellement soutiré un soupçon de peur. Le clown du téléfilm, s'il n'était pas CGI-é à outrance avait au moins cette espère d'aura ultra-malsaine, plus séducteur dans sa mortelle perversion,un prédateur plus humain, plus meurtrier en série et qui donc provoquait le malaise. Ici, Bill Skarsgard nous donne en pâture une espèce d'animal agressif, baveux et informe au regard vide.
Pas facile de reprendre le flambeau d'un Stephen King comme celui-ci, pour moi, même si les acteurs ont visiblement cru à la recette, le gâteau aura été un soufflé retombant.

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