La sous-invasion

Avis sur Chez moi

Avatar Rémi Savaton
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Hogar - ou The Occupant, ou Chez moi, à vous de choisir - est un film espagnol de David Pastor et Àlex Pastor. Comme une intervention divine dès l'introduction, le film est produit par Netflix. Il est comme naturel alors de penser qu'on a surement affaire à un long-métrage déjà programmé pour faire une chute vertigineuse vers la case typique des productions à moins grande échelle de la société américaine. Une case qui compile mauvaises expériences et, comme le cas ici, des téléfilms améliorés où le scénario un tant soit un peu intéressant se mélange à une vacuité de forme et de fond qui n’élèvent le film qu'aux rangs suivants : moyen et oubliable

Un publicitaire déchu de son poste prestigieux perd du même moment son appartement luxuriant et moderne au sein de Barcelone. Il déménage inévitablement avec sa petite famille vers un quartier plus populaire aux logements plus petits et plus simples. Mais de manière subite et mystérieuse, l'homme se lie d'amitié avec le nouveau propriétaire de son ancien appartement jusqu’à atteindre un point d'invasion et de non-retour. Hogar est un sous-Parasite abîmé de son manque de maîtrise et noyé dans son ton neutre. Le sujet principal un tant soit peu passionnant des Frères Pastor traitant de la volonté d'un homme voulant perduré dans une richesse et une plénitude éternel, se perd peut-être dans ce vide environnent, ou finalement dans un récit qui n'explique rien de ces actions les plus primordiales (pourquoi cet homme serait-il amené à oublier sa famille au profit d'un jeu bancal ?). On sombre évidement aussi avec cette mise en scène léchée et monotone à l'image des griffes de la publicité. Un monde cauchemardesque où règne fantasme et modèle, mais à travers lequel les frères Pastor peinent à en extraire des idées quelques-peu convaincantes. Malgré la vacuité du propos, Hogar s'établi sur une petite aventure distrayante, sans plus d'ambitions. Une publicité ''consciente'' que l'on zappe aussitôt.

Peut-être avons-nous en face un simple produit issu des rouages de l'usine Netflixienne. Un produit que l'on créer aussi vite que l'on le consomme. Que l'on se refile entre amis surement, mais qui ne pourra incontestablement jamais perdurer dans le temps ou proposer une lecture intelligente évoquant inspiration et fascination. Qu'elles sont nombreuses ces œuvres, ou produits, à défiler dans les lignes des financements Netflix. Des exceptions existent quand des auteurs confirmés viennent redorer le blason rouge et blanc (Martin Scorsese, Joel et Ethan Coen), mais que peut-on vraiment espérer du reste ? Ou du moins, que peuvent-ils espérer d'eux-mêmes ? Il serait question pour l'instant de rester cloîtrés dans une des milliers de cases de la plateforme en attendant qu'une âme charitable clique intentionnellement ou accidentellement vers (leurs ?) petit bijoux.

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