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Run, man, run.

Avis sur Colorado

Avatar DjeeVanCleef
Critique publiée par le

Quand, petit con que j'étais, j'ai découvert Van Cleef, il s'appelait Sentenza et c'est lui que j'ai adoré. Tuco ensuite. (Blondin n'a jamais été ma came)
Il avait la classe, une tige de chasseur de primes, aussi sec qu'un caillou, avec une tête d'oiseau déplumé, des yeux qui te percent, un schmeck qui te pique...

Fiente de Ptérodactyle, je ne suis pas en train de le décrire en poulet, moi ? Mais on dirait bien que si, mon brave. Alors, il va falloir te calmer et respecter le môssieur qui te donne son nom au risque d'en prendre une dans ta face.
C'est un peu comme si c'était ton daron et tu lui manques de respect, petit con d'ingrat !

Dans Colorado, Lee, c'est un chasseur de primes. Mais pas le genre cynique comme chez Leone. On n'est pas dans le suintant à l'italienne où tout est un opéra grandiloquent et baroque.
On n'est pas non plus dans la violence et le masochisme boueux de Corbucci. On est face, étrangement, à un western dans la plus pure tradition américaine.

Un chasseur qui course une proie plus maline qu'il en a l'habitude.

La proie c'est Tomás Milián.
De Pasolini à Soderbergh, de -spaghettaise- Bolognini en passant par Umberto Lenzi ou Steven Spielberg, le cubain truculent, pendant latin d'un Klaus Kinski, totalement Al Pacino avant l'heure et parfait opposé de Lee Van Cleef. Il incarne un péquenot mexicain et lui apporte un charme, une touche de folie qui feront de Cuchillo, son personnage, un des symboles des pauvres du monde révolutionnaire des années 70.

Les personnages sont bien là, mais ne sont pas plus grands que les décors. Car ce qui m'a frappé, ce sont eux! Naturels, grands. Sollima pose sa caméra en Espagne et déroule avec classe cette histoire de chasse à l'homme.

Les personnages, Corbett, le bounty-killer, aux pseudo motivations politiques, Cuchillo, le mexicain jovial expert en couteaux et puis la musique, camarade! Morricone des grands soirs balance une partoche qui ne bouffe pas tout le film mais l'accompagne comme une gentille chérie peut tenir chaud, avec une tendresse à faire perler les larmes sur mes joues.

Un peu comme cette anecdote sur papa que colportait Sollima (l'Italien, en plus d'être tricheur, est colporteur de rumeurs, c'est bien connu) : Van Cleef n'est pas un acteur, c'est avant tout une gueule, un physique, une présence et lorsqu'il a bu ses trente ou quarante bières par jour, ça marche.

Papa, les chiens ne font pas des chats.

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