Taviani Décameron

Avis sur Contes italiens

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Les frères Taviani, c’est d’abord un souvenir d’enfance… à peine entré dans l’adolescence, je découvre en salle « Padre Padrone », véritable choc cinématographique pour moi qui jusque là ne connaissait sur grand écran que les sympatoches et, disons-le, mauvaises comédies des Charlots, où plus loin dans le temps les Disney… Emerveillé, apeuré, révolté, je suis sorti de la salle exalté et surtout enthousiaste. De là vient sans doute mon goût prononcé pour les grandes trames sociales historiques. J’ai suivi par la suite les deux réalisateurs, « La nuits du Saint Laurent » pour sa cruauté magnifiée, l’épique « Good morning Babilonia » ou le bel hommage à Griffith ou encore le modeste « Les affinités électives ». Sortis en 1983, de manière très confidentielle, ce sont les contes siciliens de « Kaos » qui à nouveau m’emballèrent, j’étais une fois encore, émerveillé, apeuré et révolté… On y sentait l’amour des deux frères, très attachés à leurs racines, à un pays, à ses traditions et à ses fondements. 4 contes et un épilogue, magnifiquement filmés et interprétés, provoquaient leur grand retour. Ce qui ne sera pas le cas, hélas, de « Kaos II » en 1998. C’est donc avec une attente fébrile que je suis allé voir « Contes italiens » adapté du « Décameron » de Boccace. Et le résultat est plutôt convaincant. Passant sur les anachronismes architecturaux, ou au niveau de certains costumes, on se laisse assez facilement embarquer dans cet univers pré-renaissance où mysticisme, croyances populaires et religion pèsent sur les esprits. Nous sommes dans l’univers des fabliaux, avec ses récits tantôt effroyables, tantôt drolatiques qui a comme point de départ la peste de 1348 à Florence. Ce début du film est du reste exemplaire, entre pesanteur des esprits et miasmes parcourant la ville. Puis s’égrènent les contes narrés par un groupe de jeunes gens ayant fui l’épidémie. Paolo et Vittorio Taviani n’ont pas leur pareil pour nous offrir de plans d’une campagne sublimée, la Toscane ici, étourdissants de beauté, avec cette lumière qui leur est propre, ces cadrages qui se jouent, au gré de l’action, entre perspectives et plans fixes ou des décors sublimes. Il y maque toutefois un peu de vigueur et de fièvre, la mise en scène restant trop souvent conventionnelle. Mais on ne boudera pas pour autant le bon plaisir que l’on prend à découvrir ces historiettes servies par un casting impeccable.

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