De la série B sincère, intense et généreuse réalisée avec savoir-faire qui ne laisse aucun répit.

Avis sur Crawl

Avatar Rémy Fiers
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Si vous vous souvenez du film du même genre sorti l’été dernier et qui a fait un carton, « En eaux profondes » et son mégalodon, et bien « Crawl » est clairement tout son contraire. Le blockbuster avec Jason Statham était boursouflé, sans âme et tristement tous publics et bien cette série B est hargneuse, saignante et nous colle véritablement à notre siège sans nous laisser une minute de répit. Alexandre Aja s’était déjà essayé avec succès à ce genre de film de terreur aquatique avec « Piranhas » mais sur un ton plus potache et corsé à l’humour noir. On sait le cinéaste habile avec le cinéma de genre (du magistral « Haute tension » à « La Colline a des yeux ») et il le prouve une fois de plus ici en choisissant un premier degré salvateur et parfaitement négocié. C’est un peu le Wes Craven de ce siècle et frenchie de surcroît.

Ici il mélange trois sous-genres bien distincts de manière à priori incongrue comme l’avait fait le nanar « Des serpents dans l’avion » avec, en toute logique, des serpents et un avion en mode catastrophe. On retrouve également ici le genre catastrophe par le prisme de cet ouragan très puissant qui occasionne pluies torrentielles et énormes bourrasques de vents (comme dans « Pluie d’enfer ») mélangé à un huis-clos mais également au film de bestioles, en l’occurrence des alligators. Un des seuls petits soucis du film est d’ailleurs que lesdits lézards ressemblent davantage à des crocodiles au vu de leur taille. On compte également quelques petites invraisemblances générales ou dans le comportement des personnages mais ça reste tout à fait négligeable. On peut souligner le réalisme de ces lézards qui est frappant, preuve de la réussite des effets spéciaux pour un film à si petit budget. D’ailleurs, les alligators/crocodiles sont bien plus réussis que l’ouragan et ses effets, dont on décèle parfois les prises de vues sur fond vert.

Le duo père-fille formé par Kaya Scodelario et Barry Pepper est pour beaucoup dans la réussite de « Crawl » puisqu’on s’attache à eux. Le trauma mis en place ici pour cristalliser l’émotion est pour une fois crédible et rend leur relation encore plus probante. Mais, surtout, et pour ce qui reste l’intérêt principal du film, on a vraiment peur. Pas la même peur que celles que l’on peut avoir face à des fantômes ou un serial-killer, mais une terreur sourde, un stress, prodigué par ces prédateurs qui occasionne bien des sursauts et nous scotche à l’écran. Aja a la bonne idée de ne pas lésiner sur le sang et quelques scènes bien gore qui jouent dans le réalisme du long-métrage. On n’a pas le temps une seconde de s’ennuyer et on vit le supplice des personnages avec eux. C’est souvent surprenant et quelques idées de mise en scène intelligentes et originales viennent pimenter tout ça. « Crawl » est donc une vraie bonne série B sanglante, généreuse et pêchue, dont le contrat est rempli à 100%.

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