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Daddy's Little Girl

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Daddy’s Little Girl, sorti en 2012, aura fait des émules, tout en restant beaucoup plus discret que A Serbian Film. En fait il n’y a que la presse extrême pour s’y être réellement intéressé, le plus mainstream de l’horreur s’étant focalisé injustement sur un aspect pédopornographique. Pourtant il n’en est rien. Chris Sun, qui est loin d’être subtile, et nous verrons pourquoi après, conserve tout au long du métrage une valve de sécurité, afin d’éviter d’être bassement taxé de déviant (on en apprend même davantage sur les actes et le nombre de victimes durant le générique de fin, via de brèves coupures de presse). Certes, si le plaisir d’admirer de longues tortures peut être considéré comme une forme de déviance, le cinéma en est toujours le parfait exutoire. On en arrive à une époque où la presse spécialisée « horreur » s’offusque davantage devant un film extrême que devant les exactions impérialistes commises aux quatre coins du monde, laissez-moi rire !
Bref, si subtilité il y a dans le fond, la forme l’est beaucoup moins. Avec sur la jaquette une tagline comme « a single father learns that it’s the ones you trust most who have to be watched the closest », vous comprenez presque, avant d’avoir inséré la galette dans le lecteur, qui est le mauvais de l’histoire, et lorsqu’il lâche une réplique dès le début de la bobine qui lève totalement le doute, la surprise est nulle. Même la découverte des preuves est très mal amenée. Sérieusement, lorsqu’on organise fréquemment des orgies chez soi, on évite de laisser trainer un carnet où l’on couche tous ses méfaits, surtout juste à côté de l’ordinateur. À côté de cela, on a une mise en scène convaincante, surtout lors de la découverte du corps de l’enfant, à la fois émouvante et cruelle (mais non graphique, rappelons-le), soutenue par un couple divorcé tout à fait crédible, en plus de délicats flashbacks de moments entre le père et sa fille, ainsi que ceux avec son hallucination, l’enfant étant présente jusqu’à ce que le mambo punitif prenne fin.

Puis les joyeusetés arrivent, et le spectacle de l’horreur visuelle prend enfin place. D’habitude les torture-porns multiplient leurs victimes, ne font jamais dans le gore trop écoeurant se fixant des limites qui font que finalement tous se ressemblent, si ce n’est occasionnellement, comme pour Grotesque, rare bobine du genre à avoir été éditée en France. Ici au contraire notre héros étudie longuement via amis ou rencontres comment faire telle ou telle chose, comme réveiller quelqu’un évanoui (dans le but de le faire souffrir à nouveau), ou poser des questions anodines à son dentiste qui se révèleront capitales ensuite (amis de « Le Dentiste », réjouissez-vous !), ainsi qu’évidemment le maintenir en vie le plus longtemps possible. Ce qui en résulte des tortures inédites, comme l’insertion de quelques mètres de barbelés dans l’anus, passés dans un large tube, ou encore l’usage d’un vieil accessoire permettant de séparer la rotule du reste. Inutile de vous dire que Chris Sun, étant à la tête de SlaughterFX, boite réputée dans le gore ultra-réaliste, y a mis tout son talent, et le résultat défrisera ceux qui donnent à Scream le statut de mètre étalon.
Daddy’s Little Girl, seconde bobine du réalisateur Chris Sun après Come and Get Me, démontre une nouvelle fois son potentiel créatif, mais aussi bordélique. Il y a plein de points excellents, que cela soit dans l’image, la mise en scène, ainsi que le message final encré dans la vérité, nous rappelant que la Justice ne fait son travail que lorsqu’elle le désire, faisant qu’un pédophile avéré peut s’occuper d’enfant même après avoir purgé une peine, souvent dérisoire, alors qu’en comparaison le pirate qui avait mis en ligne Wolverine avait écopé de dix années fermes. Un revenge-movie socio-politique qui ira compléter des oeuvres comme Rampage ou Joe Doe: Vigilante.

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