Et la lumière fut

Avis sur Dans le noir

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Rien n’est plus effroyable pour une œuvre que se ramasser un 2. Cette note méprisante et glaciale. Car le 2 voyez-vous, c’est la corbeille assurée, ça ne vaut même pas une petite engueulade dans la partie commentaire, c’est l’indifférence totale. Même ce bon vieux 1 apparaît moins cinglant. L’œuvre pourra toujours se consoler en partageant la note avec la tripotée de nanar du site. Tandis que le 2… non, c’est moche. Et ça heurte la sensibilité. Vraiment.

Après avoir vu Lights Out, je me suis connecté sur SC comme chaque soir avant de me pieuter. J’en suis venu à cet instant fatidique, celui de rendre mon verdict. Et là, le 2 s’impose à moi. A ma décharge, Lights Out est au film d’horreur ce qu'Hardcore Henry est au film d’action. Une anomalie. Un concept qui fonctionne sur le court terme mais qui une fois étiré à outrance perd tout de sa substance. Trêve de bavardage : je balance mon 2, like la critique de l’ami Jimbo Lebowski à la volée et file dans mon plumard. Sauf qu’au moment d’éteindre la lampe de chevet, j’aperçois une ombre fureter dans le couloir.

Hé minet, continue à faire le couillon dans le couloir et je t’inscris
au casting de Serbian Film 2. On verra si tu fais encore des loopings
après ta scène avec le croate en rut.

Pas de réponse. Je jette un autre coup d’œil et je déchante. Dans la pénombre se tient une silhouette humanoïde. A vu d’œil, le machin fait deux mètres. Je vous passe les détails sur ma vessie qui lâche pour en venir à l’essentiel. Pas de doute, cette « chose » est le monstre de Lights Out, je reconnais la dégaine. Sorte de petite sœur du Predator se trimballant une maladie de peau préhistorique.

Attendez madame, attendez, je suis désolé pour la note, j’ai été un
poil sévère, c’est vrai… mais… c’est la faute de Jimbo, il m’a
influencé, c’est à lui qu’il faut refiler votre herpès purulent !

En face, la bestiole est impassible. Un peu comme Durendal devant un film d’auteur. Je tente une nouvelle approche.

Vous comprenez ce que je dis ? Speak english ? Parla espanol por favor ? Bon, attendez, attendez, on peut s’arranger. Moi aussi j’ai eu de l’acnée à treize ans, je dois avoir un fond de Biactol qui traîne dans le placard, je vous laisse vous servir et on se quitte bons amis ?

A ce stade, il me semble opportun de signaler que ses yeux clignotent en rouge.

Bon, attendez, attendez, je peux vous expliquer ma note si vous y tenez. Franchement, y’a un problème de rythme dans votre film, madame. Bah oui mais vous apparaissez toutes les cinq minutes à l’écran, on ne voit que vous. On dirait que votre réalisateur flippe d’ennuyer le public alors il se précipite. Et la peur du noir dans tout ça ? Et l’imaginaire du spectateur ? Résultat des courses, y’a pas d’ambiance, pas de tension, zéro. Et l’enquête de l’héroïne, on en parle ? Elle ouvre le premier tiroir venu et voilà, énigme résolue ! Allons madame, un peu de sérieux, on est sur Sens Critique ici…

Vexée par tant d’éloquence, elle grimace, se jette au sol et m’attaque le parquet avec les ongles. Trop c’est trop. D’un geste, je repousse la couette ruisselante d’urine, attrape le téléphone et compose le numéro de SOS Fantômes.

  • Marins-Pompiers de Marseille, j’écoute.
  • Bonsoir, je vous appelle car je suis en présence d’une entité de type 4 occupée à bousiller mon parquet.
  • D’accord monsieur, ne bougez surtout pas. A quoi ressemble l’entité ?
  • Elle présente un eczéma sévère sur le faciès et les parties génitales qui n’a visiblement pas été traité.
  • C’est à cause de l’anxiété. Demandez-lui si elle est stressée.
  • Vous êtes stressée, madame ?
  • Alors ?
  • Elle a vomi.
  • Ce n’est pas bon signe, allumez-la.
  • C’est-à-dire que… ce n’est pas trop mon genre.
  • Une source lumineuse, monsieur. Une lampe torche, une lampe à pétrole, n’importe quoi.
  • Ah, je vais vers l’interrupteur de ma chambre, ne quittez pas… houlà oui, elle n’aime pas ça… d’ailleurs, elle s’enfuit… c’est ça, casse toi pov’ conne !
  • Parfait monsieur. Maintenant allez voir ce qu’elle a griffonné sur le sol.
  • D’accord, j’y suis.
  • Vous pouvez lire ?
  • Y’a marqué ‘Jimbo’
  • Il va falloir prévenir votre ami.
  • Nan pas besoin, c’est un supporter du PSG.
  • Au temps pour moi. Dans ce cas je vous laisse.
  • Et moi je vous remercie.
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