Un bijou de film noir américain et français

Avis sur Du rififi chez les hommes

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Du rififi chez les hommes est un film de et avec Jules Dassin, sorti en 1955. Celui-ci n'est autre que le père de Joe, Monsieur l'été Indien entre autres.

Le réalisateur américain, considéré comme communiste, ne pouvait plus exercer son métier aux USA, car il était blacklisté par le maccarthisme. Exilé des USA en 1949, Dassin ne se démonte pas et tourne en 1950 le somptueux Les Forbans de la nuit sur le territoire de la perfide Albion.

Alors qu'il se trouve à Paris, quatre ans plus tard, on lui propose de réaliser Du Rififi chez les hommes, tiré d'un roman d'Auguste Le Breton, également auteur de Razzia sur la chnouf , réalisé par Henri Decoin la même année et de le Rouge est mis, paru en 1957 et signé Gilles Grangier.

A bien des égards, le film est unique en son genre.

Un peu comme l'envers de Deux hommes dans Manhattan de Melville, réalisé par un Français à New York, Du rififi chez les hommes offre une vision très américaine de Paris, par le choix des valeurs de plan et du montage.

D'autre part, il s'agit bel et bien d'un modèle du genre "film de casse". Dassin s'attarde longuement sur le braquage, sous tous les angles, insistant sur le professionnalisme des cambrioleurs et la minutie de leur tâche. On se régale à les voir à l'ouvrage comme dans le cercle rouge, de Melville, qu'il a probablement influencé, tout comme Thief de Michael Mann avec James Caan.

On retrouve aussi de la poésie dans cet océan de noirceur, notamment le plan du parapluie, dont Nadine Trintignant — qui travaillait sur le film — disait qu'il était "le passage préféré de Dassin".

De la poésie et de la beauté également, grâce notamment à Magali Noël, magnifique en chanteuse de cabaret, qui telle la Parque, annonce le destin funeste des protagonistes à travers sa chanson "le rififi". Littérarité quand tu nous tiens...

Ce film est décidément bon, très très très bon et vous tient en haleine tout du long. J'y ai personnellement beaucoup retrouvé l'ambiance de Asphalt Jungle, paru en 1950 et que j'ai déjà chroniqué, ici même : http://www.senscritique.com/film/Quand_la_ville_dort/critique/41418708

Regardez Du rififi chez les hommes, vous aurez l'impression de l'avoir déjà vu tellement il a influencé le genre.

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