Le coté féministe est très présent mais il passe. Un long-métrage intéressant mais qui se disperse.

Avis sur Enola Holmes

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Ma critique vidéo sur Enola Holmes

Avant de commencer, je tiens à vous dire que je n'ai pas lu les romans Les Enquêtes d'Enola Holmes de Nancy Springer, je ne savais même pas que ces romans existaient, je ne parlerai que du long-métrage en lui-même. J'aime beaucoup Sherlock Holmes mais je l'ai connu à travers les deux long-métrages de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr. et à la série Sherlock avec Benedict Cumberbatch afin de dire ça. Et non, je ne comparerai pas ce long-métrage avec les précédentes versions de Sherlock Holmes. Cependant, le personnage de Sherlock m'a toujours paru intéressant et j'ai toujours été fasciné par le personnage en fonction des versions. Aujourd'hui, on s'attaque à la petite sœur de Sherlock Holmes, Enola Holmes, ce qui n'est pas une mauvaise idée. Certes, j'adore Sherlock Holmes mais l'idée qu'il ait une sœur aussi douée que lui et qui débute en tant que détective est une bonne idée (même si, on aurait pu avoir les débuts de Sherlock Holmes). Le long-métrage est intéressant à voir mais il souffre aussi de gros défauts dont il faut parler.

Positif

Personnages: Enola Holmes (Millie Bobby Brown) est une adolescente qui vit seule dans sa maison avec les domestiques de sa mère et qui a choisi de partir de chez elle afin de retrouver sa mère. Si on oublie le fait qu'elle parle directement aux spectateurs, c'est une fille attachante qui se donne à fond pour résoudre cette enquête. On sent sa détermination à vouloir retrouver sa mère et son investissement dans l'enquête. Et puis, elle veut prendre son indépendance exprès pour ne pas ressembler aux autres femmes « respectables » de la société, ce qui en fait un bon personnage principal à suivre.
Lord Tewksbury (Louis Partridge) est un jeune homme qui devait entrer dans la chambre des Lords avec un avenir tout tracé, mais celui-ci a préféré fuir sa famille qui préférait le voir entrer dans l'armée. Il ressemble un peu à Enola sur le fait qu'il ne veut pas devenir ce que sa famille aimerait et qu'il a préféré s'enfuir. Sinon, malgré qu'il ne soit pas très présent à l'écran, on peut dire qu'il fait un petit peu office de Watson. Mais c'est un personnage attachant dans sa personnalité et comme lui, on aimerait savoir pourquoi cet homme en noir souhaite le tuer.
Sherlock Holmes (Henry Cavill) est un grand détective respecté qui passe son temps à résoudre les enquêtes qu'on lui donne. Il ne connaît pas sa petite sœur mais s'intéresse de plus en plus à elle au fur et à mesure qu'il apprend à la connaître. Des deux frères Holmes, celui-ci est le plus attachant. Il est vrai que Sherlock reste souvent concentré sur ses enquêtes au détriment du reste, mais là, il apprend à connaître Enola et ses capacités et cela apporte un développement intéressant où il apprend à devenir un bon grand frère qui doit guider sa petite sœur (même si elle cherche déjà sa voie par elle-même).
Mycroft Holmes (Sam Claflin) est un homme détestable qui ne cesse de dire qu'Enola doit aller dans une pension pour les jeunes filles et qui ne cesse de penser que les femmes doivent se conformer aux règles de la société. Je ne vous cache pas qu'il est extrêmement détestable (encore plus que la version de Guy Ritchie). Cependant, il est nécessaire pour montrer son opposition avec Sherlock. Là où Sherlock ne veut pas s'en mêler au début, lui est persuadé d'avoir raison au sujet d'Enola. Et puis, le coup de mettre un membre de sa famille qui est persuadé que les règles sont les bonnes, c'est une bonne idée pour motiver Enola à s'enfuir.
La mère d'Enola (Helena Bonham Carter) est une femme attachante qui a élevé Enola afin qu'elle ait une grande intelligence et puisse voler de ses propres ailes. On ne la voit pas beaucoup mais on sent que son influence sur Enola a beaucoup joué pour faire d'elle la femme qu'elle est. Et comme Enola, on a envie de savoir quels sont ces secrets qu'elle cache.

Relations: Tout d'abord, il y a la relation entre Enola et Sherlock Holmes qui se développe. Enola s'inspire de son frère et de ce que sa mère lui a appris afin de s'en sortir dans cette enquête, là où Sherlock apprend à connaître ses capacités au fur et à mesure qu'il suit la piste qu'Enola suit déjà. Franchement, c'est une relation intéressante à suivre entre le grand-frère et la petite sœur. Sinon, on a aussi une relation qui se créait entre Enola et Lord Tewksbury et qui est une relation assez mignonne. Ils apprennent à se connaître au fur et à mesure et à tenir l'un à l'autre sans qu'Enola ne veuille trop lui montrer. En tout cas, ce sont des relations assez intéressantes à suivre.

Symbolisme: Il y a quelques éléments de symbolisme qui fonctionnent bien. Par exemple, on a Mycroft qui représente un gros obstacle pour Enola et Sherlock qui représente une source d'inspiration pour Enola. Sinon, on a aussi la mère d'Enola qui est un peu comme l'idole d'Enola, d'où le fait qu'elle se mette à sa recherche. Ou encore, ce que représente réellement Lord Tewksbury qui est très important pour l'évolution de la société. En tout cas, on peut dire qu'il y a du symbolisme efficace.

Histoire: Enola Holmes vit seule depuis que sa mère est partie sans qu'elle sache pourquoi. Elle surprend une conversation entre ses deux frères, Sherlock et Mycroft (son tuteur légal), où celui-ci veut envoyer Enola dans une école spéciale pour que les filles apprennent les bonnes manières de la société. Enola décide alors de s'enfuir de la maison afin de partir à la recherche de sa mère. C'est une histoire intéressante pour savoir ce qu'elle va traverser et pour savoir si elle va réussir à la retrouver.

Message: Il y a un message féministe à travers ce long-métrage qui nous dit qu'Enola s'est battue pour prendre son indépendance et pour montrer qu'elle ne veut pas se conformer aux règles de la société mais plutôt à la faire évoluer en la laissant choisir son propre chemin. C'est un bon message passé dans ce long-métrage. Certes, il se voit pas mal avec la mère d'Enola mais ça reste assez bien fait ici.

Evolutions: Il y a deux évolutions que je trouve intéressant dans ce long-métrage, celui d'Enola qui apprend à devenir une grande détective au fur et à mesure qu'elle avance, mais aussi celle de Sherlock Holmes qui apprend à ne plus sous-estimer sa sœur et à comprendre qu'elle pourrait apprendre encore plus de choses à ses cotés pour devenir une meilleure détective que lui.

Enigmes: Quand je parle des énigmes, je parle de la manière dont il faut les résoudre et je dois admettre que j'ai été assez impressionné. Enola a résolu les énigmes d'une superbe manière pour trouver une piste à suivre. Certes, c'est un détail mais, personnellement, j'aime quand les énigmes sont un peu complexes à comprendre mais restent compréhensibles.

Linthorn (Burn Gorman): Il s'agit d'un tueur qui a été engagé afin de tuer Lord Tewksbury. Il n'a pas de développement personnel en soi et ne fait qu'accomplir la mission pour laquelle il a été payé. Malgré ça, c'est juste un mercenaire qui veut accomplir sa mission au nom de son pays, ce qui passe sans problème.

Retranscription: Je ne m'attendais à rien mais je dois admettre que la retranscription est assez bonne. Elle passe bien par les décors, par les costumes mais aussi par le langage des personnages. On peut dire que la retranscription à l'univers de Sherlock Holmes est réussie.

Jeu d'acteur: Ca va, le jeu d'acteur est assez bon dans l'ensemble. Tous les acteurs semblent s'investir dans leurs personnages et nous offrir une bonne performance. D'ailleurs, Henry Cavill fait un Sherlock Holmes distingué que j'apprécie beaucoup alors que je ne m'attendais à rien.

Inattendu: Il y a des éléments inattendus auxquels je ne m'attendais pas. Par exemple, j'étais persuadé que la mère d'Enola allait être la méchante à affronter pour Enola, mais en fait non. Ca fait plaisir que ce long-métrage ait réussi à me surprendre.

Mise en scène: Elle n'est pas excellente à cause des coupures qui sont trop présentes, mais ça va. Elle arrive quand même à nous offrir quelques moments compréhensibles par la mise en scène sans que les dialogues aient besoin de nous l'expliquer.

Introduction: Le long-métrage démarre par Enola qui part chercher ses frères à la gare tout en nous racontant son passé au spectateur. C'est une introduction assez sympathique pour apprendre à connaître Enola et la vie qu'elle a eu avec sa mère.

Emotion: Je ne dirais pas que c'est une émotion qui a réussi à me faire pleurer, mais plutôt qu'elle ne m'a pas laissé indifférent. Certaines scènes réussissent à toucher le spectateur et à nous faire comprendre ce que ressent Enola.

Décors: Concernant les décors, ils sont assez jolis dans l'ensemble. Certes, ils ne sont pas excellents mais ils sont de bonne qualité. Chaque lieu de ce long-métrage est travaillé et nous offre des décors sympathiques à voir.

Action: Si on excepte les coupures trop nombreuses, on peut dire que ça passe. En effet, l'action n'est pas un élément clé de ce long-métrage mais elle est assez réussie dans les quelques chorégraphies quand il y en a.

Fin: On peut dire que c'est une bonne fin pour Enola et qui va avec l'évolution qu'elle a eu avec tout ce qu'elle a traversé. C'est une fin qui peut sembler simple mais elle reste efficace pour conclure ce long-métrage.

Musiques: Elles sont assez sympathiques à écouter. Toutes les musiques de ce long-métrage sont assez belles à écouter et collent bien à ce qui se passe à l'écran. C'est un des meilleurs points de ce long-métrage.

Tension: Oui, j'ai cru à certaines scènes de tension de ce long-métrage. La tension n'est pas exceptionnelle mais elle arrive à offrir quelques scènes où on a peur pour certains personnages, même pour Enola.

Costumes: Je ne m'attendais à rien mais je trouve que ce sont de beaux costumes. Ils peuvent paraître assez classiques mais ils sont réellement beaux et arrivent bien à définir les personnages en général.

Paysages: Il y en a peu mais, quand il y en a, ce sont de superbes paysages à voir. En effet, les paysages de ce long-métrage sont réellement magnifiques à voir. C'est dommage qu'il y en ait si peu.

Négatif

4ème mur: Je n'ai rien contre le fait qu'Enola veuille parler aux spectateurs, sauf que ça ne marche pas. Ce genre de système marche dans un film pour enfants afin de les aider à réagir (comme Elmo au pays des Grincheux par exemple) ou quand ça se passe dans la tête du personnage et que le spectateur est le seul à le voir (comme la série Malcolm). Là, ça ne fonctionne pas. Enola parle souvent aux spectateurs pour expliquer ce qui se passe ou, parfois, nous demander des idées, sauf que ça ne change rien. Les explications auraient du passer par la mise en scène par exemple, ou par les explications du détective qui parlent à d'autres personnages (comme Hercule Poirot ou Sherlock Holmes par exemple). Ici, Enola parle aux spectateurs alors que ça ne sert à rien. Alors oui, ça peut aller avec l'idée que c'est encore une enfant (adolescente de 16 ans mais pourquoi pas) et qu'elle ait besoin de parler à quelqu'un donc le spectateur serait son ami imaginaire. Mais même en sachant ça, je pense qu'on aurait vraiment dû se passer de ses monologues avec les spectateurs et face à la caméra.

Indication: Parfois, on a un écran qui arrive et qui nous montre quelques indications. Honnêtement, je ne pense pas que c'était nécessaire. Par exemple, on a Tewskbury qui sort du wagon, on a un écran qui nous dit 37 secondes plus tard et on le voit revenir dans la cabine, on aurait largement pu se passer de cet écran. Sinon, on aussi le coup d'Enola qui ne sait plus à quelle phase de son plan elle en est dans sa chambre et le long-métrage se sent obligé de nous indiquer les deux entre la troisième et la quatrième. C'est un détail mais ce genre d'indication n'était réellement pas utile, on avait pas besoin de cartons comme ça pour nous indiquer des choses qu'on comprenait déjà.

Vélo: Je vous avoue que je ne comprends pas trop le vélo au début. Enola nous dit qu'elle ne s'en sort pas très bien dessus alors qu'elle a réussi à pédaler pendant toute son introduction par rapport à ce qu'elle a vécu avec sa mère. Non pas pour être de mauvaise foi mais, si elle n'y arrivait vraiment pas, elle aurait chuté bien avant. Ou alors, elle aurait du dire une phrase du genre « je m'en sors assez bien sur ce vélo » chute « mais j'ai encore quelques progrès à faire ». Au pire, il aurait fallu montrer qu'elle chute bien avant le moment où elle nous le dit pour qu'on la croit.

Flash-backs: Certains d'entre eux marchent bien comme quand elle doit choisir son chemin et la prise que sa mère lui a faite quand elle était plus jeune. Cependant, on ne peut pas dire que tous les flash-backs étaient nécessaires. Par exemple, est-ce que le flash-back du tennis dans la maison était réellement nécessaire ? Je ne pense pas non. Donc oui, les flash-backs marchent mais certains n'étaient pas forcément utiles à l'histoire (sauf si le but était juste de rallonger le long-métrage).

Effets spéciaux: On ne va pas me dire que les effets spéciaux sont très qualitatifs. Certes, il y en a peu, mais on voit beaucoup trop que ce sont des effets spéciaux. Par exemple, quand Enola a sa chambre, on a le plan d'un train sur un pont et on voit très bien que ce train est faux. Enfin, encore heureux qu'il y ait peu d'effets spéciaux dans ce long-métrage.

Illustrations: Ces espèces d'illustrations comme des pages de livre ne me plaît pas trop, ça me rappelle l'émission Affaire conclue sur France 2 quand je vois ça. C'est un détail mais je pense qu'on aurait pu se passer de ce genre de présentation qui colle plus dans une émission TV plutôt que dans un long-métrage.

Coupures: C'est incroyable de voir le nombre de coupures quand il y a un peu d'action. Il aurait mieux valu éviter de surcutter le long-métrage à ce point. Franchement, je vous avoue que j'ai eu un peu de mal à suivre l'action avec tous ces cuts, même si ce n'est pas trop grave car il y a très peu d'action.

Longueurs: Pourquoi avoir fait certaines scènes qui traînent pour rien ? A quoi ça sert qu'on voit qu'Enola ne sait plus à quelle phase elle en est par exemple ? Ou même les dessins des techniques ? Ce sont des micro-longueurs mais on sent que ces longueurs auraient pu être évitées.

!!! PARTIE SPOIL !!!

Vérité: Apparemment, c'est la grand-mère Tewksbury qui voulait faire assassiner son petit-fils afin que les choses ne changent pas dans la société. Certains vont me dire qu'elle n'aurait pas dû vu qu'elle est concernée, mais justement. Elle est assez âgée, elle a du voir beaucoup de choses par rapport aux femmes. Ou alors, peut-être qu'elle soutient le fait que les femmes doivent rester à leur place comme elle, elle a dû faire. C'est un petit peu difficile à voir le pourquoi mais ça reste convaincant.

L'inspecteur Lestrade: J'avoue que je ne m'attendais pas à le voir dans ce long-métrage mais je dois admettre que ça fait un peu plaisir de le voir (même si je ne suis pas très fan du personnage à la base). Après, il est un inspecteur un peu maladroit mais déterminé à trouver Enola et résoudre les enquêtes. Ce n'est pas un personnage important mais je pense que les fans de Sherlock Holmes seront contents de le voir.

Photographie lumineuse: C'est le seul moment où je suis un petit peu sorti du film. Quand Enola va chercher ses frères, je trouve qu'on a une photographie un peu trop lumineuse. Après, c'est peut-être parce que je suis habitué à la photographie assez sombre des deux opus de Guy Rithcie mais je vous avoue que j'ai eu un peu de mal avec ce moment là par rapport au reste du film.

Watson ?: Apparemment, il semblerait que le docteur Watson n'existe pas vu qu'on ne fait jamais allusion à lui. Peut-être que Sherlock ne l'a pas encore rencontré. C'est dommage de ne pas avoir pu voir le docteur Watson ici, même en caméo seulement, car ça aurait pu être intéressant. Après, peut-être qu'ils ne savaient pas qui aurait pu l'incarner après Jude Law et Martin Freeman.

Au final, je ne m'attendais à rien mais ce long-métrage était assez sympathique. Bien entendu, je sais que certains ne voudront pas le voir à cause du féminisme très présent mais là je trouve assez bien fait (comparé à Black Christmas (2019) qui le faisait de manière très forcée et d'une mauvaise manière). Ici, on a une histoire intéressante, des personnages principaux bien développés, de beaux décors, de superbes musiques et un jeu d'acteur convaincant. Après, il est vrai qu'il y a quelques longueurs, qu'il y a trop de coupures, qu'Enola qui parle directement aux spectateurs ne marche pas et qu'il y a quelques indications dont on aurait pu se passer, mais ce n'est pas un mauvais film, il peut se regarder au moins une fois par curiosité. Et même si je préfère la version de Guy Ritchie, je vous avoue que j'ai passé un bon moment devant Enola Holmes avec une nouvelle détective efficace. Bref, si vous voulez assister aux débuts d'une nouvelle détective faisant partie de la famille Holmes, alors ce long-métrage saura vous intéresser.

Maintenant, ça me donne envie de découvrir les romans par curiosité, chose que je ferai probablement plus tard.

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