Vis ma vie d'éducateur

Avis sur Entre les murs

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Si le collège dans lequel j'ai été éducateur pendant six mois était plutôt favorisé, j'y ai connu un sentiment général parfaitement retranscrit dans Entre les murs.

Voici ce qui me vient immédiatement à l'esprit :

La répartie surprenante des enfants
Plusieurs fois, je me suis trouvé à dire « Bon, allez, on se remet au travail », ne sachant pas quoi répondre à un mot bien placé.

Le contrôle de soi
Etant donné qu'il est impossible de tout sanctionner, on laisse passer des choses, plus ou moins graves. Mais un méchant mot à son adresse et on oublie vite qu'on a affaire à un enfant de 12 ans. Il faut pourtant prendre sur soi, et souvent faire comme si de rien n'était.

Leurs mots durs entre eux ou envers les adultes,
Les élèves prêtent plus d'attention aux mots qu'on pourrait le croire. Une élève s'est scarifié le bras après avoir été la cible des moqueries d'un groupe de cancres de sa classe.

Leur attitude défiante pouvant pousser au dérapage
Comme un gag de répétition, je disais tous les jours à mes collègues que j'allais finir par frapper un élève un jour. Le dire permet de ne pas le faire, heureusement, mais il y a des jours où, quand un élève fuit en feignant de nous ignorer, on le retient un peu trop fort par l'épaule. Alors on craint de lui avoir fait mal et on espère bien fort qu'il ne se plaindra pas.

L'histoire des pétasses
Un jour, j'ai demandé à des élèves en rang « d'arrêter de faire les couillons ». Ils se sont tout de suite sentis insultés, ne connaissant pas le caractère affectueux du terme. Plus tard, j'ai appris que la rumeur disait que j'avais insulté des élèves…

Le casse-tête de la sanction juste
Ah, les discussions avec les collègues pour savoir si on doit tout raconter de ce qui s'est passé, si l'élève mérite vraiment une sanction alors qu'il travaille mieux depuis un mois, ou que sa situation familiale est compliquée...

La confiance déçue
Je me rappelle avoir dit à un élève que je n'écrirais rien dans son carnet s'il me promettait de se tenir à carreau à l'étude du soir. Le soir même, la promesse était oubliée… Tant pis, je l'avais prévenu !

La déprime ou l'abandon
Il faut avoir de sacrés principes pour tenir moralement face à des enfants qui semblent ne rien retenir de ce qu'on leur dit.

Les moments de joie
Heureusement, il y a une joie infinie à entendre le bonjour des élèves le matin, ou à voir des élèves difficiles faire preuve de curiosité et d'intelligence. Humainement, travailler dans une école est quelque chose de très fort.

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