Une oeuvre au scénario bancal qui ressemble plus à un téléfilm quelconque qu'à la bio attendue.

Avis sur Escobar

Avatar Rémy Fiers
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Depuis le temps qu’on attend un film digne de ce nom et attaquant de front l’homme que fut Pablo Escobar, on ne pouvait qu’être réjoui, surtout vu l’équipe à la barre. La déception n’en est que plus grande. Après un « Paradise Lost » sympathique qui traitait le sujet de manière détournée mais offrait à Benicio del Toro l’occasion de composer un Escobar terrifiant et un « Barry Seal » où l’illustre trafiquant faisait de la figuration, « Escobar » entend remettre les pendules à l’heure en offrant à Javier Bardem ce rôle tant convoité. Mais le résultat est malheureusement d’une tiédeur qui ferait très certainement pâlir le chef du Cartel de Medellin qui s’en retournerait dans sa tombe! Cette biographie n’a certes rien de déshonorant, elle se laisse même regarder sans déplaisir, mais elle ressemble davantage à un téléfilm quelconque qu’à une œuvre magistrale à la hauteur de la légende.

Déjà le scénario est forcément elliptique comme toute œuvre retraçant la vie d’un personnage célèbre. Ici il suit les bases narratives de bon nombre de biographies au lieu d’innover, à l’exception notable qu’on nous épargne la jeunesse d’Escobar pour se focaliser sur toute sa période criminelle jusqu’à sa mort. Le film nous gratifie même de la sempiternelle introduction censée se dérouler à la fin du film mais tentant de nous appâter sur les raisons qui y ont conduit dès le départ. Mais, pas de chance, force est de constater que les morceaux choisis par les scénaristes ne sont pas les plus palpitants et que tout cela sent vraiment le déjà vu. Comme si tous les films tournés avant sur les barons de la drogue n’avaient pas été vus par le cinéaste Fernando Leon de Aranoa qui les singe maladroitement. L’histoire de cet « Escobar » coche en effet toutes les cases des passages attendus sans jamais nous surprendre. Et, le pire dans tout ça, c’est que le film ne nous apprend pas grand-chose qu’on ne savait déjà…

Durant deux heures on suit donc la vie de Pablo Escobar mais où tout semble survolé car un film de cette durée ne peut résumer une vie comme la sienne. Que ce soit la partie familiale, les versants judiciaire et policier (pauvre Peter Sarsgaard !), l’aspect business de la drogue et même le côté sulfureux et romantique (qui sert pourtant de prétexte ici pour faire entrer en scène Penélope Cruz en journaliste et maîtresse de l’homme), on ne rentre jamais vraiment en profondeur dans les nombreux sujets abordés. Même Javier Bardem déçoit en échouant à incarner un homme terrifiant et craint. Quant à sa femme à la ville, elle minaude dans un rôle finalement peu utile à l’intrigue. Mais on a tout de même droit à une confrontation réussie entre les deux têtes d’affiche lorsqu’ils en viennent à ne plus s’apprécier et à des fulgurances de mise en scène venant nous réveiller de notre torpeur. Cela notamment dans des mises à mort particulièrement cruelles et originales. Mais était-on venu pour ça ? « Escobar » ne sera donc encore une fois pas le film attendu sur cette légende criminelle mais une illustration tout juste sympathique des « meilleurs » moments de sa vie.

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