Probablement l'une des suites les plus originales jamais réalisées. Confié à John Frankenheimer sans la présence de Roy Schneider, parti faire un spin-off deux ans plus tôt (Police Puissance 7), mais toujours avec Gene Hackman et Fernando Rey, French Connection 2 a le mérite de changer radicalement de décor. Après avoir échoué à la fin du premier film à attraper le gros bonnet Charnier, qui participait au plus gros trafic de drogue américain en exportant depuis Marseille, nous suivons notre flic des narcotiques Popeye Doyle à Marseille justement, traquant sa proie jusqu'au bout et se heurtant aux autorités locales.


Ainsi, plutôt que de resservir la même histoire une seconde fois, le film nous plonge dans l'enfer d'un flic aux prises avec d'autres méthodes, d'un Américain perdu en France, d'un homme seul face à lui-même. La vraie force du film est donc de jouer sur le choc des cultures et la barrière de la langue, ajoutant un obstacle conséquent à la traque de notre héros bourru dont les méthodes brutales, déjà vivement critiquées dans son New-York natal, sont particulièrement mal vues dans une ville que tout oppose. Ici, il est à Marseille, son bureau est en face des chiottes, il n'a pas vraiment le droit d'intervenir et n'est sensé être qu'un observateur aux côtés de l'équipe menée par le tout aussi tenace Commissaire Barthélémy (Bernard Fresson, habitué des rôles américains et diablement convaincant).


Très différent scénaristiquement mais aussi visuellement de son prédécesseur (on s'éloigne de la grisaille new-yorkaise pour embrasser la chaleur marseillaise), French Connection 2 s'avère en revanche tout aussi réaliste, Frankenheimer adoptant le style de William Friedkin tout en filmant à sa manière. Une approche très crue, parfois déstabilisante mais à coup sûr immergent au possible, l'enfer que vit Popeye étant d'un réalisme à toute épreuve. Contenant autant d'action que son aîné, étant moins léger voire plus dur dans ses rapports humains (due notamment à l'absence de Schneider), cette séquelle est une totale réussite qui va à l'encontre des codes de l'époque en matière de polar et nous plonge dans une enquête peu commune comme on en a rarement vues.


À voir OBLIGATOIREMENT en V.O, la barrière de la langue n'étant pas correctement proposée en VF.

Créée

le 4 juin 2019

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