👉 1er juillet : Les extraits de commentaires sont à nouveau disponibles dans les feeds 🥳.
Et toutes les mises à jours sont à retrouver ici : journal de bord de SensCritique.

Toujours perdu dans une tourmente de décisions visuelles et scénaristiques, de décalages et de tonalités adéquates, DC Comics se fourvoie une nouvelle fois dans un total manque de cohésion et par conséquent de satisfaction. Patty Jenkins avait proposé en 2017 une première aventure pas entièrement réussie mais suffisamment solide pour demeurer un blockbuster de qualité, prônant un féminisme maladroit mais assumé. Pour cette séquelle coincée entre deux Justice League, la réalisatrice tente d'offrir quelque chose de novateur et d'audacieux pour ne servir au final qu'un ratage aussi emphatique qu'anecdotique.

Wonder Woman 1984 peut fièrement afficher son poster à côté du mot "déception". Beaucoup d'idées sont bonnes à prendre, principalement scénaristiques : entre des clins d'yeux amicaux et des explications parfois réussies quant aux pouvoirs nouveaux (ou futurs, selon le point de vue) de notre héroïne, d'autres malheureusement expéditifs, cette suite offre une histoire fantasque mais tout de même ancrée dans sa propre logique, qui plus est venant d'un comic book. Une fois la pilule digérée, on attend le grand spectacle promis mais c'est la douche froide qui se pointe : aucune scène mémorable, un sérieux manque d'action, de grandiloquence, d'iconisation, d'héroïsme, d'identité, de rythme.

Wonder Woman 1984 est long, laborieux, fatigant à regarder, presque inintéressant par moments et devient terriblement frustrant, décevant. Si Gal Gadot continue d'endosser correctement la carrure de l'Amazone, son traitement de femme fragilisée par le manque de conjoint fait peine à voir, au même titre que les motivations faciles de ses antagonistes (dont un Pedro Pascal phagocytant clairement l'entièreté du long-métrage). La présence de Chris Pine aurait quant à elle largement pu être évitée, son alchimie avec Gadot étant inexistante tandis que le retour de son personnage fait l'effet d'une goutte de pisse dans la cuvette et son importance à l'intrigue est aussi poussive que foncièrement défectueuse.

On pourrait s'attarder longtemps sur tous les défauts du film, sur l'incapacité première de Jenkins à filmer des séquences d'action présentables (au mieux satisfaisantes au pire ringardes), à proposer une imagerie travaillée et une photographie qualitative (on passera sur les honteux CGI), sur la somptueuse musique de Hans Zimmer placée n'importe comment, sur les lignes de dialogues boursouflées, sur ces longueurs soporifiques dispensables, sur ces années 80 au revival aujourd'hui désuet à peine exposées autour d'un breakdance et d'une Guerre Froide sous-exploitée. Beaucoup d'idées sont bonnes à prendre mais ne sauvent pas le film de l'ennui, d'une atmosphère incroyablement quelconque et de graves lacunes scénaristiques (confier le script à Geoff Johns en 2020 c'est pas malin, le confier à Johns ET l'auteur de Expendables c'est suicidaire).

Pas plus impressionnant qu'un épisode de la série des seventies, Wonder Woman 1984 ne fonctionne tout simplement pas et confirme trois choses : que Patty Jenkins et les blockbusters ça fait deux, que le DCEU est bel et bien décédé et que 2020 est en définitive une année que nous n'oublierons pas de sitôt mais pas pour les meilleures raisons.

MalevolentReviews
3

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes La Case DTV et Pires films 2021

il y a plus d’un an

62 j'aime

5 commentaires

Wonder Woman 1984
Larrière_Cuisine
4

2020 n'aura décidément rien épargné au cinéma

DISCLAIMER : La note est une note "neutre" qui correspond à la moyenne (arrondie) de l’oeuvre au moment où on publie la critique. Seule la critique ci-dessous reflète donc notre avis. Notation...

Lire la critique

il y a plus d’un an

65 j'aime

2

Wonder Woman 1984
MalevolentReviews
3

Tant qu'il y aura des hommes

Toujours perdu dans une tourmente de décisions visuelles et scénaristiques, de décalages et de tonalités adéquates, DC Comics se fourvoie une nouvelle fois dans un total manque de cohésion et par...

Lire la critique

il y a plus d’un an

62 j'aime

5

Wonder Woman 1984
B_Jérémy
7

À quoi seriez-vous prêt à renoncer pour un souhait ?

Diana, écoute-moi. J'ai eu une très belle vie. Encore plus belle grâce à toi. Mais tu sais quoi faire. Le monde a besoin de toi. D'accord ? Je n'aimerai plus jamais. J'espère bien que si...

Lire la critique

il y a plus d’un an

45 j'aime

59

Wonder Woman 1984
MalevolentReviews
3

Tant qu'il y aura des hommes

Toujours perdu dans une tourmente de décisions visuelles et scénaristiques, de décalages et de tonalités adéquates, DC Comics se fourvoie une nouvelle fois dans un total manque de cohésion et par...

Lire la critique

il y a plus d’un an

62 j'aime

5

Dune
MalevolentReviews
5
Dune

L'Épice aux étoiles

Attendu comme le Messie, le Dune nouveau aura été languissant avec son public. Les détracteurs de Denis Villeneuve s'en donne à cœur joie pour défoncer le produit à la seule vue de sa bande-annonce,...

Lire la critique

il y a 10 mois

40 j'aime

5

Kaamelott - Premier Volet
MalevolentReviews
5

Les prolongations

Il l'a dit, il l'a fait. Plus de dix ans d'absence, dix ans d'attente, dix ans de doute, une année de retard à cause de la pandémie. Kaamelott a marqué la télévision, de par son ampleur, son aura...

Lire la critique

il y a 12 mois

39 j'aime

10