"La rumeur qui tue !"

Avis sur Golem, le tueur de Londres

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Juan Carlos Medina, réalisateur américain d'origine ibérique, s'était fait connaître, en 2012 avec son troublant "Insensibles" et sa horde d'enfants indifférents à la douleur dans une Espagne franquiste à l'aube de la guerre civile. Aujourd'hui, Medina pose sa caméra dans les ruelles lugubres du quartier londonien de Limehouse pour les besoins du thriller gothique : "Golem, le tueur de Londres" intitulé "The Limehouse Golem" à l'international. Nous sommes en 1880, huit ans avant les exploits macabres de Jack l'éventreur, une vague de crimes plonge la ville dans la terreur. Un tueur en série sans pitié accapare la légende hébraïque du golem pour perpétrer d'odieux massacres. Pour les besoins de l'enquête, Scotland Yard dépêche un policier au caractère fort mais rongé par ses propres démons. L'inspecteur Kildare (étonnant et épatant Bill Nighty), conscient de la tâche ardue qui l'attend, va tout mettre en oeuvre pour faire cesser les agissements de ce meurtrier au nom résonnant comme une malédiction. Son enquête le conduit inexorablement vers la magnifique Elisabeth "Lizzie" Cree (incroyable Olivia Cooke), une star du Music Hall accusée d'avoir empoisonné son mari, un journaliste et écrivain du nom de John Cree. L'investigation nous mènera dans l'univers feutré du Showbiz et son monde à la "Freaks", à travers la revue d'un certain Dan Leno (Douglas Booth), personnage transformiste, véritable star de l'époque. Mais le film n'en n'oublie jamais son but précis en nous ramenant inexorablement à l'horreur. La première scène de crime est à ce titre absolument glaçante ! À chaque meurtre, une hypothèse et un suspect différent nous sont dévoilés en flashbacks lors de scènes effroyablement baroques (âmes sensibles s'abstenir) à la narration déformée et à l'image vaporeuse sortie de tout droit des déductions de Kildare. Un parti pris scénaristique qui plonge le spectateur dans un doute permanent. Un jeu de piste s'engage alors au cœur d'une enquête des plus sordides. Juan Carlos Medina convoque l'univers graphique de "From Hell", mais s'en éloigne quant à la place de la femme dans le récit, en effet l'univers de "Golem..." est bien plus féministe ou en tout cas essaie d'être moins machiste que celui de "From Hell". Le parcours d'Elisabeth Cree est un exemple d'émancipation peu commun au XIXème siècle. Première grosse claque de ce début d'année, "Golem...", boudé par les distributeurs, n'aura pas le droit aux salles obscures, un pur scandale !!

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